[series TV] De l'enquête avec Designated Survivor et... Scorpion

Publié le par Lael Marguerite

Designated Survivor vient de s'achever avec sa deuxième saison sur Netflix, tandis qu'on attends l'ultime saison 4 de Scorpion dans leur catalogue. Review de deux séries "d'enquêtes", l'une très sérieuse, l'autre... complètement absurde. Mon cerveau a apprécié switcher entre les deux pour trouver l'équilibre sans doute, pardonnez-le !

Designated survivor

2 saisons, 2017 - politique, thriller.

[series TV] De l'enquête avec Designated Survivor et... Scorpion

Tom Kirkman est un Secrétaire au Logement "désigné survivant" lors d'une importante réunion d'état. Il aurait du être viré le lendemain, mais un terrible attentat tue le Président des Etats Unis et tout les membres du gouvernement, propulsant Kirkman à la présidence. Difficile de commencer un mandat dans de telles conditions, encore plus lorsqu'un complot se trame...

Personne ne s'en cache, l'une des raisons principales du succès de cette série est de retrouver Kieffer Sutherland, alias Jack Bauer de 24, dans un rôle qu'il interprète admirablement. Il est Kirkman, prêtant serment en survêtement, à peine conscient de la tempête qui vient de s'abattre sur le pays, et encore moins qu'il va devoir mener la barque dans la tourmente qui ne fait que commencer. Il est cet homme intègre qui n'a rien du politicien retord, qui est là parce qu'il ne veut pas abandonner son pays, un peu perdu au milieu de tout ces requins qui ne voient en lui qu'un chanceux arriviste incompétent. Il est aussi un père, qui s'inquiète avant tout de sa femme et de ses enfants. Enfin, il est le Président, et devra bien s’accommoder des responsabilités de sa charge.

Sans doute pour aider à la différencier de Jack Bauer, et parce que cela colle au personnage tatillon et sérieux, il porte des lunettes mais arrête de les porter la plupart du temps "parce que cela ne fait pas assez président" (ça devient d'ailleurs assez risible).

Sans doute pour aider à la différencier de Jack Bauer, et parce que cela colle au personnage tatillon et sérieux, il porte des lunettes mais arrête de les porter la plupart du temps "parce que cela ne fait pas assez président" (ça devient d'ailleurs assez risible).

Kirkman, c'est le président qu'on aimerait avoir, un président qui se fiche de la politique, qui cherche à faire du social une priorité. Autant le personnage que l'acteur porte véritablement ce show, et il est vraiment plaisant de suivre son évolution, et sa prise de confiance en tant que Président. Il doit de toute façon avoir les épaules assez larges, il n'a pas le choix, entre complot et équipe présidentielle, née aussi du hasard, qui ne lui fais pas confiance.

D'un côté, la série nous fait suivre son ascension et son travail pour reconstituer un gouvernement, et cet aspect politique est très intéressant. De manière assez intimiste, on s'imagine un instant à sa place (et on n'en voudrait pas, entres responsabilités, choix impossibles et ménagement des susceptibilités politiques des uns et des autres). On découvre les rouages du gouvernement américain, et j'ai apprécié l'audace que la série fait preuve en abordant des sujets sensibles (le contrôle des armes à feux, le règne de l'argent et des lobby...) ou en mettant, l'air de rien, un casting anti-discrimination (une femme noire à un poste politique clé, un homme noire directeur de la CIA, plusieurs femmes ont des rôles importants, notamment en saison 2, un handicapé travaille pour la Maison Blanche etc). Évidemment on pourrait dire que c'est parfois un peu trop à la limite du politiquement correct et qu'on aimerait plus d'engagements, que ce n'est pas très moderne d'inventer des noms de pays étrangers pour ne vexer personne (la Corée du Nord notamment), mais moi j'ai trouvé que c'était un appel d'air qui faisait du bien et reste assez culotté à notre époque (comme dit un article de l'Express, la série "dresse un portrait assez juste des tensions qui secouent actuellement l’Amérique et ont envoyés Donald Trump à la Maison Blanche"). La politique étrangère reste le plus mauvais de la gestion politique de la série (surtout avec le Kuinami), et bien sûr impossible de pas évoquer le côté militaire : là dessus, j'ai beaucoup entendu dire que le côté patriotique de la série était fatiguant. Il l'est par son excès, c'est vrai, mais en même temps ça reste assez inévitable, et j'ai trouvé assez juste le côté "gloire des soldats" car la série appuie avant tout sur leur côté humain. On est très loin d'une volonté impérialiste par la conquête militaire, et ce qui m'a le plus fait tiquer c'est l'expression américaine désignant leur pays comme "le leader du monde libre"... (cela dit on est pas forcément mieux avec notre "pays des droits de l'homme" hein).

D'un autre côté, on suit deux agents de la CIA qui traquent les terroristes ayant causés l'attentat. l'Amérique veut une tête à mettre sur le billot, et vite... Hors le complot semble aussi interne. Et là on ressent un peu du 24, avec la recherche des traitres et des criminels. Recherche nerveuse et intrigue prenante dans la saison 1, avec des moments palpitants à souhaits, c'est aussi un atout du show.

Mais...

Mais Designated Survivor se sépare en deux saisons, et autant il n'y a pas grand chose à reprocher à la saison 1, autant la saison 2 est une catastrophe (tellement que la série a été annulée).

Alors qu'est ce qu'il s'est passé ? Il est évident que l'intrigue de l'attentat a sû tenir la saison 1 presque de bout en bout, et que cela s'effondre avec une conclusion relativement raté, pour une saison 2 n'ayant aucun fil rouge correct. L'agent spécial Anna Wells brasse de l'air au point qu'on ne peut plus la voir en peinture, et ne parlons pas de ce qui entoure Damian (j'hésite entre le rire et les larmes de dépits). J'ai eu le net sentiment que les scénaristes ne savaient pas quoi dire, alors on se retrouve avec des "cliffhangers" capillotractés juste là pour faire monter la sauce, et cette saison 2 n'arrive jamais à obtenir une once d'un vernis de crédibilité. Ce n'est pas vraiment une surprise de voir alors une actrice décider de quitter le bord alors que le bateau prend l'eau (cela dit je met un pouce bleu pour la gestion plutôt réussie des conséquences de ce départ).

J'ai trouvé aussi que certains comportements de personnages ne collaient pas avec ce que l'on sait d'eux (surtout THE décision de Kirkman avec le Kuinami, c'était trop WTF). Et le côté "vie de famille" de Kirkman (sa femme et ses enfants), qui patauge dans la saison 1, est encore plus mis à mal pour ne pas dire zappé. Au final cette saison 2 vaudra le coup pour des petits moments à droite et à gauche, principalement sur la vie politique et pour l'arrivée dans l'équipe de Lior, un homme disant toujours très honnêtement ce qu'il pense même si ça fait mal, et sans aucun tact, qui formera un duo comique très gagnant avec Wright, le chargé de presse qui mettait déjà de l'humour dans la saison 1.

Lior (à gauche) et Wright (à droite)

Lior (à gauche) et Wright (à droite)

Vous l'aurez compris, j'ai apprécié Designated survivor, notamment pour son côté politique plutôt réussi, et pour l'aspect thriller de la première saison. On peut regretter de voir la qualité de la seconde saison s'effondrer, mais que cela ne vous empêche pas de bouder votre plaisir !

3,5/5 (saison 1 : 4/5, saison 2 : 2,5/5)

 

Scorpion

4 saisons - 2014 (je n'ai pas encore vu la dernière !)

[series TV] De l'enquête avec Designated Survivor et... Scorpion

Scorpion est une série complètement WTF. C'est le genre de série qui veut nous faire avaler d'un air sérieux des situations grotesques et nanardesques. L'équipe regroupe des brillants génies qui à chaque épisode vont résoudre des crises. Bien sûr leur solution miracle ne marchera pas, et après la pose tout sourire "on a réussis on est tellement intelligent !"... ça vire à la catastrophe, et c'est la course contre la montre de solutions toujours plus intelligentes (en théorie) pour des situations toujours plus catastrophiques. Scorpion me donne souvent l'impression de voir des personnages de cartoon de Tex Avery, et autre Bip Bip et son coyote. Les voilà courant dans tout les sens dans un bateau, colmatant une brèche, puis deux autres se forment, et ils colmatent, et ça empire encore... jusqu'à ce que de la poudre de perlinpinpin scientifi-esque vient magiquement résoudre tout d'un coup de cuillère à pot cinq minute avant la fin. On ajoute une bonne louche de bon sentiment et le tour est joué !

Le pire c'est peut être le semi-mensonge du début, qui d'ailleurs a finit par être jarté tellement ça faisait pitié : "D'après l'histoire vraie de Walter o'brian, le génie qui a piraté la Nasa quand il était gosse et..." STOP ! Si la série se base sur ce fait réel, le reste c'est du grand guignolesque et pour une série qui est sensée se baser sur la science, on a plutôt affaire à des mac gyver à l'égo surdimensionnés qui débitent leur techno-blabla à longueur d'épisode. Bon j'ai appris un truc cela dit, en cherchant si ça pouvait être plausible leur délire, à savoir la survie après une chute libre sans parachute... il se trouve que oui, même si bien sûr c'est rarissime, et on peut dire que Walter doit garder sur lui un sacré porte bonheur vu les situations où il se fourre. Non parce que pour vous donner l'idée, la dite chute survient après un tour imprévu en navette spatiale, rien que ça... Scorpion a aussi été réparer le coeur nucléaire de Tchernobyl qui entrait à nouveau en activité, et attention, en buvant après coup un jus d'herbe pour lutter contre les radiations... oui on en est là. Bon j'avoue, j'ai donné le pire des trois saisons, mais c'est pour vous donner une idée, quand ils ne se la jouent pas indianna Jones du pauvre contre des vilaines dictatures voulant éviter une épidémie en attrapant une bestiole en pleine jungle ou dans une bat-cave. Le "Cabe de glace" m'a tué aussi dans cette saison 3, OMG, comment le spectateur peut maintenir sa suspension d'incrédulité c'est un mystère. Enfin pas complètement : une fois qu'on sait dans quoi on s'embarque, on pose notre cerveau à côté avant d'appuyer sur lecture.

Bref, une fois qu'on s'habitue à la surenchère, on peut rigoler, et ça divertis bien. Car s'il vaut mieux oublier les prétextes scénaristiques à deux balles, la série possède son fun et des personnages attachants. Le Doc nous fait bien rire par ses vannes, et nous épate parfois avec sa psychologie comportementaliste (de comptoir). Walter, le génie à l'égo surdimensionné, le chef d'équipe (oulà), est celui que j'ai le plus envie de baffer (je ne dois pas être la seule), mais lui et Paige sont la clé de la série. Oui j'ai pas encore parlé de la fille love interest de l'histoire : bien sûr blonde, serveuse et fauchée, avec une intelligence ordinaire (enfin elle se révèle plus maline que les débuts de Penny dans The Big Bang Theory). Bref grosse excuse ship "oui-mais-non" dans l'histoire avec Walter bien sûr, mais l'important c'est que Paige vient dans l'équipe pour aider les génies à s'en sortir au niveau social. Parce que là dessus, ce sont des manches (Walter qu'est ce que tu peux être impossible !), et cela créé une dynamique plutôt sympathique à suivre.

J'ai particulièrement appréciée cette saison 3 pour l'évolution des personnages, et ça me fait doucement sourire de voir certains spectateurs s'en plaindre, parce que sans ça je ne pourrais clairement pas continuer de regarder (je serais riche si j'avais mis un euro de côté à chaque fois que j'ai songé à arrêter cette série). Même le personnage du vieux flic paternel qu'est Cabe prend de l'épaisseur, et ça a été vraiment plaisant (cela dit il faut vraiment qu'il arrête de sortir "fils" à toutes ses répliques quand il s'adresse à quelqu'un de l'équipe c'est usant).

Il me reste encore la quatrième saison à voir, et dernière puisque la série n'a pas été renouvelée.

En conclusion, Scorpion est une bonne série vide-tête si on parvient à poser son cerveau et à la regarder au dixième degré. La troisième saison est la plus aboutie et fait enfin bien évoluer les personnages.

Mais à voir à petite dose seulement, sous peine de faire une crise de nerf.

3/5 (vraiment dur de donner une note ! La saison 3 permet à la série de grappiller 0,5 points bonus, et encore une fois, c'est en partant du principe qu'on parvient à mettre son cerveau de côté, c'est une note valable dans sa catégorie "nanar" uniquement)

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