[films] Voyage vers l'océan avec Dory et Vaiana : ma lassitude des films d'animations sauvée par un poisson ?

Publié le par Lael Marguerite

[films] Voyage vers l'océan avec Dory et Vaiana : ma lassitude des films d'animations sauvée par un poisson ?

Je viens enfin de rattraper le film d'animation qui a fait un carton à sa sortie fin 2016, j'ai nommé "Vaiana, la légende du bout du monde". La même année "Le monde de Dory" s'est fait une toile, film dérivé, plus de dix ans plus tard (déjà ! ), du "monde de Nemo". Je n'avais pas spécialement prévue de parler de Dory que j'ai vu il y a près d'un mois, mais rétrospectivement, cela devient indispensable !

Il faut en effet comprendre que je suis relativement blasée des films, et en particulier des films d'animations (non japonais s'entend), parce qu'ils ne me surprennent plus et me paraissent être des copies fades faites pour les enfants et manquant de profondeur. Et pourtant je suis quelqu'un ayant gardé son âme d'enfant et aimant les messages simples mais justes à base d'amour et de tolérance passés dans les films d'animations. Mais je regrette qu'il n'y ait plus vraiment de films comme Wall-E, qui non seulement émouvait par sa poésie, mais était un pure film de SF à la fois drôle et dénonçant de vrai travers de société parlant à tous, adultes inclus. J'ai aimé la tendresse aussi du Géant de fer, où certaines scènes particulièrement réussies de Là-haut (le duel des vieillard, si épique ! Et bien sûr la scène "résumé de vie" du début). J'ai une affection aussi pour Megamind, un film nous faisant vraiment réfléchir sur le rôle du "méchant" même s'il ne va pas assez au bout de son concept (bonne sources d'inspiration d'ailleurs pour nous les auteurs). Difficile enfin de ne pas évoquer la bouille du robot gonflable B-max du film Les nouveaux héros, on aimerais tous lui faire un calin !

Voilà les quelques souvenirs qui me viennent, là, sur le vif, des films d'animations m'ayant marqués ces dix dernières années. C'est on ne peut plus maigre comme résultats, et cela s'enrichit tout juste de quelques films réussis par leur drôlerie comme les sagas Kung fu panda ou Moi, moche et méchant (une saga qui s'est bonifié avec le temps, et dont j'ai été assez surprise de voir que j'ai descendu le premier opus dans une critique éclair assassine !).je me dois aussi de citer la bouffonnerie de Scrat de l'âge de glace digne d'un Louis de Funès, et le film Chasseurs de dragons, film de 2008 m'ayant mis une claque visuelle à l'époque, et qui est français !

Bref, j'admets regarder les films d'animations en espérant malgré moi l'étincelle, ce truc qui me fera dire "ah, voilà ! Le film a été au delà du pré-mâché pour enfants". Quand j'ai vu Le monde de Dory l'autre jour j'ai vraiment aimé, mais j'ai eu le sentiment de retrouver un Nemo 2.0. En fait je suis un peu passée à côté sur le moment. Et puis j'ai vu Vaiana : et là quelle déception !

Vaiana m'a surpris par son vide abyssal (si vide que je ne vais pas vous infliger le synopsis là pour la déco... bon je retire les fioritures d'allociné : "la princesse polynésienne est attirée par l'océan et va sauver son peuple". voilà -_-). Sérieusement, avec la thématique de la nature qui se meurt et dont le but de l'héroïne est de la faire renaître, il me semblait évident que le film allait nous balancer un joli message écolo. Mais non. Juste on est content de manger des noix de cocos (OMG la chanson atroce), on accomplit la quête et voilà rideau. Et si seulement ce n'était que ça ! Le film enfile cliché sur cliché, Vaiana suit à la lettre le cahier des charges Disney (sans rien ajouter et c'est bien le souci) : le père refuse à sa fille la liberté d'aller explorer le monde, libertééé je chante, je doute je chanteee, je rencontre quelqu'un je chante (enfin il chante), et y'a un affreux vilain dont il faut faire la peau, et heureusement on me sauve de justesse etc - et surtout je chanteeee... oui parce que Vaiana possède beaucoup, beaucoup de chansons, et même au niveau musical et paroles on est dans du recraché archi entendu et ré-entendu : pocahontas ou la reine des neiges ça aurait été pareil.

Le pire a été dans la première demi-heure, sans le personnage de la vieille grand-mère j'aurais laissé tomber, d'ailleurs j'ai écouté d'une oreille très distraite en observant surtout le traitement de l'âge au niveau du dessin qui était très réussis sur les personnages. Oui j'en étais rendu à là, au secours quoi, la chanson des noix de cocos and co c'est du niveau premières chansons qu'on apprends à l'école maternelle... Bref, heureusement avec la rencontre de l'acolyte il y a des miettes d'humour, même si le plus drôle était dû à l'éternel "compagnon animal là pour faire le pitre", en l'occurrence un poulet complètement toqué, et là encore on voit le vide scénaristique du film, car le pauvre animal ne servira à rien d'autre tout du long (alors qu'une phrase de dialogue suggère qu'il est spécial, et donc je me suis attendu à ce qu'il fasse quelque chose pour légitimer cette affirmation à un moment ou un autre.)

Quand au final je me suis dit "et c'est tout ?", et que j'ai réalisé que je pouvais résumer toute l'histoire en deux lignes, j''ai repensé au Monde de Dory. Et là, je me suis rendue compte que j'avais beaucoup sous estimés nos amis poissons.

[films] Voyage vers l'océan avec Dory et Vaiana : ma lassitude des films d'animations sauvée par un poisson ?

Je pense que tout le monde se souviens de Nemo, le gentil poisson clown du récif, emporté par des hommes pour finir dans un aquarium. Son père Marin va alors traverser l'océan pour le retrouver. C'est un film d'animation qui a marqué sa génération (et engendré un vrai phénomène culturelle avec tous les enfants le monde voulant un "nemo" en vrai dans un aquarium ou en peluche). Il mérite sa réputation et si ce n'est pas encore fait, regardez-le ! Le Monde de Nemo est une vraie plongée sous-marine, pleines d'aventures, de drôleries ; il impressionne par son immersion dans un univers riche et sublime. Sans oublier la petite touche d'émotion comme il faut. Marin y rencontre Dory, une poissonne ayant un sérieux handicap, celui d'une amnésie immédiate, lui faisant tout oublier toutes les trois minutes.

Dory a vite volé la vedette à Marin dans le cœur des spectateurs, et il lui fallait bien un film rien qu'à elle. Le Monde de Dory se passe après leur rencontre et suit le même schéma que le premier : rechercher une personne disparue, en l’occurrence, Dory recherche ses parents. Alors oui, ce deuxième film partage beaucoup de point commun avec le premier, la trame est assez semblable, mais il suffit d'être un peu vigilant pour apprécier le bonus non négligeable qu'il amène. Le Monde de Dory, bien sûr, nous parles de Dory, et il le fait avec une grande générosité : on découvre les origines de Dory, pourquoi elle parle la baleinnnnneeuuuh, et le personnage devient encore plus émouvant et "réel". Parce que Dory, tout comme Nemo en son temps (mais de manière moindre) avec sa nageoire atrophiée, nous parle de handicap : comment vivre avec une amnésie aussi sévère ? Pas simple !

C'est sur cette dimension "humaine" que Le Monde de Dory émeut et prend son sens en répondant à cette question : comment Dory a pu se construire en tant qu'individu malgré son amnésie. Dory n'est pas seulement une championne du "vivre au présent" et du agir sans réfléchir un peu fofolle, c'est aussi un individu qui a du vivre avec son handicap malgré les épreuves dont la douloureuse séparation avec ses parents. Au delà de l'aventure, ce film est doté d'une vraie réflexion sous-jacente sur l'autonomie dans le handicap ! Cela d'ailleurs rejaillit avec les personnages secondaires comme la baleine blanche myope et son acolyte le bélouga.

Et puis impossible de ne pas fondre devant Dory bébé, so cute et rieuse, mais aussi apeurée face au monde étrange qui ne cesse devenir inconnu pour elle, heureusement protégée par des parents très aimants.

[films] Voyage vers l'océan avec Dory et Vaiana : ma lassitude des films d'animations sauvée par un poisson ?

Je ne dirais pas dans quel contexte pour ne pas spoiler, c'est plus sympa à découvrir, mais l'aventure des poissons les amènera dans d'autres eaux non explorées par le premier film, toujours en regardant le monde humain d'un point de vue poisson (et c'est une des choses très réussies dans la saga, les humains et les poissons restent deux mondes aussi à part que l'eau et l'air, mais pouvant se toucher malgré tout). De nouveaux personnages, surtout Hank la pieuvre qui donnera du dynamisme et de la nouveauté dans cet opus. Lui comme la plupart des autres, aura une bonne psychologie en quelques coups de pinceaux (à l'encre^^). Des anciens aussi, avec Nemo et Marin qui feront partis de l'aventure : parfois je me demandais un peu ce qu'ils faisaient ici, surtout Nemo, mais une partie du film servira aussi à approfondir leur relation père-fils pas si simple.

Beaucoup de rigolades encore dans ce second opus !

En conclusion !

 

Vaiana a été une cruelle déception, un film industriel, nous recrachant tout les poncifs du genre, aussi bien sur la morale (crois en toi ! Ouais!), sur les personnages, sur l'histoire, et même la musique (il faut prêter attention pour capter parfois quelques influences océaniques au milieu de ces chansons tuant les oreilles). Un film qui n'émeut pas, ne divertit pas assez quand on est grands, présente à peine deux ou trois punchlines sympas, bref, le bilan est lourd. D'accord, c'est superbe visuellement, comme toutes les productions actuelles. Mais Vaiana est assurément trop standard et vide : à réserver aux plus jeunes ; pour les autres, on s'ennuie !

Vaiana obtient donc 1,5/5 (cassééé)

Rétrospectivement, Le Monde de Dory est une franche réussite. Certes, on retrouve un schéma très proche du premier opus avec Nemo, mais nos poissons bondissent de péripéties et péripéties dans un film très riche, à la fois drôle et émouvant, avec une galerie de personnages aux cœurs tendres et une réflexion sur l'indépendance et l'individualité, c'est tout bon ! Je conseille aux petits comme aux grands !

Le monde de Dory obtient donc 4/5

Note : "vaiana" se nomme à l'origine "Moana". Pourquoi donc ce changement de nom ? La raison est assez fun, surtout pour le fait qu'il a été renommé "Océania" en italie, je vous laisse découvrir ça dans cet article.

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