À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)

Publié le par Lael Marguerite

Le "style" manga japonais s'est exporté très tôt dans le reste de l'Asie : associé aux particularités locales, la BD coréenne (manhwa) et chinoise (manhua) s'est forgé dans un creuset fertile, qui parfois s'éloigne du manga japonais mais reste fortement influencé. Je vais vous présenter mes quelques lectures puis je tâcherai d'en faire un bilan afin de voir si on peut en dégager des caractéristiques.

Je tiens d'or et déjà à signaler que malheureusement le marché de ces BD atypiques s'est complètement effondré en France depuis plusieurs années : ce sont donc des œuvres trouvables en grande majorité en occasion, et qui ont subis une telle malédiction que plus de la moitié des titres n'ont pas été publiées en entier ! Mais que cela ne vous empêche pas de profiter du plaisir avant tout visuel de ces BD inspirantes ! 

Important aussi : ces bd se lisent dans le sens occidental cette fois, comme nous de gauche à droite, à l'inverse d'un manga !

À noter quelques rares tentatives timides de nos jours de relancer la machine, l'époque étant à l'ouverture du marché manga à ce qui l'entoure : films d'animations au cinéma (et pas que des ghibi, avec l'énorme succès Your name), mais aussi dramas et films lives (avec des diffuseurs en streaming comme Netflix), ou encore les light novel (sous l'impulsion notable d'Ofelbe). Bref j'y crois, bien que la suite de l'actuelle parution du manhua La princesse vagabonde a récemment été annoncée comme reportée ce qui n'est pas très bon signe :-\

Je ne parlerais presque pas des manhuas chinois, étant donné que je n'ai lu que La quête de l'oiseau céleste, en voilà malgré tout la brève chronique :

La quête de l'esprit céleste, par Li Yao

2 tomes, histoire complète 2006, fantasy

À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)
À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)

Xiao-wei est le fils du plus grand guerrier du Sud, le chef du clan du Cheval Céleste. Mais il n'en a rien à faire des arts martiaux, et plutôt que d'entraîner son énergie interne, il rêve de voler à travers le ciel, en chevauchant les nuages comme le font les dieux. Il décide alors de fuguer pour trouver l'esprit céleste et devenir son disciple.

Cette BD à été très agréable à lire. Grâce à la joie de vivre du personnage, mais surtout par l'humour avec des jeux avec le lecteur (qui aura même son avatar apparaissant en petit strip en fin de chapitre, tout comme l'auteur) et des anachronismes savamment dosés.

À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)

Je suis toujours friande des œuvres où l'auteur joue avec le lecteur, et ici il s'en donne à coeur joie ! Je ne vais malgré tout rien vous dévoiler à ce sujet, ce serait dommage de gâcher la surprise :)

L'histoire reste assez classique, ou presque : grâce à l'humour servant d'élément perturbateur certains retournements de situations sont imprévisibles. Le jeune Xiaowei va vite rencontrer l'étrange Da Niu (Gros-boeuf), compagnon étrange et sympathique dans sa bêtise. Et ils vont se confronter au clan du Dragon volant, le plus fort du Nord, voulant récupérer un élixir d'immortalité... Ils ne sont pas au bout de leur peine. 

À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)

Côté dessin, les nez ronds et certaines expressions rappellent la BD franco-belge, de même la pagination est très sage avec 80% de cases nettement délimités et droite. Pour le reste on est dans un travail de lignes de mouvements tel qu'on le retrouve dans les mangas japonais et l'action est dynamique. 

(notre héros se la joue, mais il est nul en art martiaux par manque d'énergie interne !)
(notre héros se la joue, mais il est nul en art martiaux par manque d'énergie interne !)

(notre héros se la joue, mais il est nul en art martiaux par manque d'énergie interne !)

Le deuxième tome possède plus d'action tout en développant intrigues et personnages. Il s'enlise malheureusement un peu trop dans les combats : certes l'humour vient toujours sauver la mise, mais les méchants caricaturaux et autres clichés font un peu peine.

Ce qui est un peu dommage vis à vis du premier tome, plus axé aventure, qui n'oublie pas d'évoquer la quête de liberté d'un jeune homme qui ne veut pas suivre l'aspiration que lui impose son père.

En conclusion la quête de l'esprit céleste est une BD chinoise aventure/action/humour très drôle et plaisante à lire, et rien que pour sa façon de jouer avec le quatrième mur, elle est à découvrir !

4/5

Ce sera tout pour les manhuas chinois, bien qu'un jour je parlerais peut être de la princesse vagabonde qui me fait de l'oeil. Pour plus d'infos je vous suggère cet article.

Venons-en aux Manhwas corréens dont j'ai essayé avec plus ou moins de succès 6 séries !

Hang-A le miroir de l'avenir, par Ok Sae-rom

Publication : arrêtée à 4 tomes sur 6, fantasy

À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)
À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)
À la découverte des "mangas" chinois et coréens : un manhua et quelques manhwas (1ère partie)

Cette série nous narre les aventures d'une jeune fille, Hang-A, accompagnée de son homme-chat qu'elle a baptisé Papillon (qu'elle considère comme son animal de compagnie, allez savoir pourquoi, même si le comportement de Papillon est en effet très immature et gaffeur). Hang-A dessine l'avenir dans ses rêves, mais l'interprétation est compliquée puisqu'elle ne sait pas dessiner ! Un jour, son amie garçon manqué, So-dane Beok, l'Altesse du royaume de l'Est, lui demande de retrouver un précieux parchemin contenant un antique dieu, Dragon Bleu. Le sort des quatre royaumes pourrait en dépendre.

Vous l'aurez peut-être compris au résumé, si Hang-A parle d'une quête fantastique, la série tourne beaucoup sur des personnages quelque peu atypiques et l'humour qui en découle. Notamment avec le comportement impossible de Papillon. 

humour potache du premier tome

humour potache du premier tome

Honnêtement je n'ai pas trop aimé cet humour un peu trop enfantin. La série comporte aussi un peu d'action : épisodique et peu stimulant, ce n'est pas non plus là desus que la série m'a intéressée (exception au troisième tome qui l'intègre de manière bien plus efficace).

En fait ce qui m'a le plus plû, c'est l'inspiration coréenne. Alors en bémol c'est parfois difficile de retenir les noms à rallonge, mais c'est plaisant d'avoir un aperçu de la Corée, bien qu'en version fantasy, avec la nourriture, et notamment les vêtements. Soin des détails foisonnants, des coiffures très dessinés avec noeuds et rubans, festival visuel des vêtements traditionnels adaptés à l'imaginaire (voir par exemple la robe de la première image) :

détails de vêtements
détails de vêtements

détails de vêtements

J'ai arrêté au troisième tome qui présente une nette évolution de l'ensemble, surtout le dessin et une accélération de l'histoire (Papillon n'est plus aussi crétin ça aide aussi) : malgré tout l'histoire reste simpliste et étant donné l'arrêt de commercialisation j'ai suspendu là ma lecture.

Dessin amélioré du troisème tome

Dessin amélioré du troisème tome

Je garde un bon souvenir de ce manhwa, notamment par l'incursion dans cet univers coréen qui est une bonne inspiration pour des dessinateurs en herbes comme moi (ce pourquoi j'ai repris le portrait de Dragon Bleu et le duo Han-A Moo-Young). Mais dans l'ensemble "peut mieux faire", c'est surtout grâce à ce troisième tome que Hang A gagne des points.

2,5/5

PS : Dragon Bleu a dans son design une inspiration très Clamp avec ses gemmes je trouve :-P

A bientôt pour la suite :)

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Commenter cet article

les sortilèges des mots 06/08/2018 10:13

Je trouve que le titre chinois fait très bande dessiné d'avant. Je n'aime pas trop ce style.
Quant à dragon bleu, effectivement, je ne pense pas que ce serait mon truc du fait de la simplicité. J'ai déjà vu des manhwas plus esthétiques. C'est difficile d'en trouver quand même

Lael Marguerite 07/08/2018 23:40

oui c'est vrai que le chinois est assez old school. Peut être que les titres auxquels tu penses seront dans la suite de mon article, par exemple avec l'epouse du dieu de l'eau ? en tout cas n'hésites pas à me proposer des titres que tu as aimé.