Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants

Publié le par Lael

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Les déchets magiques de l'université de l'invisible ont transformé le chat maurice et les rats des environs en créatures super intelligentes, dotées de parole et d'une conscience du monde très aiguë.

Maurice est devenu le roi de l'arnaque. avec sa bande de rats, il parcourt les cités qu'il pille joyeusement en simulant des invasions, grâce à un complice benêt, le joueur de flûte. Mais arrivés à bad igoince, la petite bande tombe sur un os. un village sans rats où vivent pourtant des chasseurs de rats, voilà qui est étrange. voire carrément malsain...

 

Un roman où encore une fois, Pratchett démontre son talent de conteur, et le fait avec intelligence. Non seulement c'est drôle, mais c'est passionnant. Et à part le passage vers la fin où nos héros rejoignent le roi des rats, le récit ne souffre pas de temps mort.

 

C'est la première partie qui m'a plus particulièrement passionnée : comment des rats changent leur mode de vie parce que penser, c'est évoluer. Incroyable tout ce que cela implique pour eux. Ils réfléchissent à tout un tas de questions qui n'avaient pas lieux d'être avant, quand ils étaient dirigés par leurs instinct. L'individu, la société, l'écriture, la mémoire, la mort... Ce n'est malheureusement plus très frais dans mon esprit, donc je ne puis donner plus de détails, mais c'est vraiment très riches.

L'impact sur le chat aussi, Maurice, le personne le plus chouette du roman (avec les rats). Comment son égo en prend un coup. Les chats c'est égoïste... mais maintenant, il pense aussi aux autres, il s'inquiète -malgré lui- du sort des rats. Alors, est il encore un chat ? Voilà ça c'est du Pratchett tout craché, et j'adore ce genre de réflexion. Et puis le fait que Maurice décide de ne plus manger de rats "parlants", vu qu'il admet que ce sont des êtres vivants... vous imaginez vous, si votre steak se mettait à crier "non ne me mange pas" ?

 

Autre composante essentielle du récit, les contes, le joueur de flûte de Hamelin en tout premier lieu bien sûr (Pour plus d'infos je vous invite à voir la page wiki). Mais plus que ça, il y a toute une mise en abîme avec un personnage qui ne manque aussi pas d'attrait, une certaine Malicia qui dans la famille... zut je sais plus, ses tantes je crois... bref, c'est l'équivalent Pratchett des frères Grimm. Forcément la petite, élevée au biberon des contes, à quelque peu du mal avec la notion de "réalité". Elle croit que tout se passe comme dans les contes... Pratchett arrive à la fois à se moquer des contes, et à déjouer tout les pronostics : son histoire ne tombe pas dans les clichés auxquels s'attend Malicia, mais reste dans le domaine du conte ! C'est inracontable, mais fichtrement bien écrit, un vrai plaisir.

Malicia donc, vit sa vie comme un conte, contrairement à son père le maire, un terrien qui en a marre des fantaisies de la fille (ce qui ne l'empêche pas de rêver en secret).Alors vous pensez bien que quand il y a VRAIMENT des rats qui parlent qui débarquent... ça donne tout un tas de situations cocasse, et ça Pratchett sait bien le faire : mélanger ce côté à la fois terre-à-terre, et rêveur. ça me rappelle tout à fait mémé Ciredutemps et Magrat Goussedail (des sorcières du Disque Monde).

 

Bon mais y'a quand même des moins, tout n'est pas tout rose. Je n'ai pas aimé le côté "descente aux enfers" avec le roi des rats. C'est presque glauque. Jouer sur la peur, tout en gardant ce ton ironique et décalé... ça ne le fait pas, à mes yeux. C'est d'ailleurs une sorte de double-ressenti que j'ai aussi dans certains passages du Disque-Monde assez noir. On peut pas à la fois avoir peur et rire, et ça va pas vraiment ensemble...

La note aussi est triste pour les rats (les vrais). Difficile de ne pas tomber en empathie, de ne pas sentir la cruauté des humain à leur égard. Et comme il dit bien à la fin, des humains peuvent venir voir des rats faire des spectacles, se distraire et être ravis. Une fois qu'ils rentreront chez eux, ils poseront des souricières et du poison comme si de rien n'était... C'est ça l'Homme. Et c'est moche.

 

Peut être moins fantaisiste, moins burlesque que les annales du Disque Monde proprement dites, Maurice et ses rongeurs possède tout de même pas mal de moments en or, et des réflexions qui peuvent difficilement laisser de marbre.

Si après ce livre vous mettez de la mort aux rats, c'est que vous n'avez vraiment rien compris... ou que l'Homme ne peut décidément pas dépasser son instinct de chasseur, pour ne pas dire, de meurtrier.

Pourtant Maurice lui, l'a fait. Mais ce n'est qu'un conte... n'est ce pas ?

 

4/5

 

Autres critiques : traqueur-stellaire, Olya

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The Bursar 29/10/2010 22:42


c'est au moment où la musique du centre commerciale apparaît, comme Ludmilla, Lupin et Windle Poons suivent les chariots et se rendent compte que les gens suivent la musique. Dans l'édition
anglaise, ça dit ça :
"It's just that... you remember the trouble with the rats last year ? That man who said he had a pipe that played music only rats could hear ?"
"Yes, but that wasn't really true, it was all a fraud, it was just the Amazing Maurice and his Educated Rodents-"


Lael 30/10/2010 01:05



ah ouai ok ! J'suis pas très douée avec l'anglais mais ça va c'est pas trop difficile dans ces phrases là XD



The Bursar 29/10/2010 16:18


Il faudrait que je le relise, ma dernière lecture remonte à longtemps, car les Pratchett jeunesses sont les seuls que je n'ai pas encore relu.
Par contre, en relisant le Faucheur, j'ai découvert que le fabuleux Maurice existe déjà dans l'univers du disque à ce moment-là, car il est mentionné dedans. Je suis impressionnée par la capacité
de Pratchett à réussir à se rappeler de personnages qui ne font que de brèves apparitions pour les réutiliser plus tard.


Lael 29/10/2010 20:23



woo tu veux dire que le Faucheur, écris avant le fabuleux Maurice, le mentionne ? tu as la réf que je regarde XD ?



zazimuth 24/08/2010 22:03


J'aime le Pratchett des Annales du Disque-Monde bien que les volumes soient inégaux. J'avais été un peu déçue par un roman des Gnomes que j'avais trouvé moins brillant bien que drôle...


Lael 25/08/2010 01:06



le livre des gnomes a été écris avant le disque monde si je ne m'abuse. Comme "le peuple du tapis", qui est génial pourtant, il faut le prendre comme une première oeuvre.



Tortoise 24/08/2010 10:20


Un de ceux que j'ai le plus envie de relire au plus vite!