(flux RSS de blogs de l'imaginaire)
(mes goûts en musiques, livres, films...)
(ma bibliothèque)
Prenez une rame de tram : une vingtaines de personnes qui ne se connaissent pas, de tout âge, de tout horizon, côte à côte. Il y en a une en fauteuil roulant. Au premier coup d'oeil, vous pensez que c'est la seule à être handicapée n'est ce pas ? Pas de raison de penser autrement, après tout, physiquement les autres personnes ne présentent aucun signe révélateur. Et comme me le faisais remarquer si justement Isabelle Guso, le logo handicapé nous met bien en tête que handicap = fauteuil.
Regardez mieux. Vous voyez la jeune fille à gauche ? Elle a bien une
petite mine, les traits tirés, mais semble bien portante. Ceux qui la connaissent savent qu'elle est toujours volontaire et travailleuse. Qui pourrait penser qu'elle a une maladie génétique qui
l'épuise au quotidien ?
Et la fille aux épaules basses là bas dans le coin ? Celle qui évite soigneusement les regards, le moindre contact, et semble au bord de la crise de nerf ? Elle souffre d'agoraphobie. La présence des autres lui est totalement insupportable, comme s'ils lui prennaient tout son air et qu'elle ne parvient plus à respirer. Pourtant, elle a décidée d'affronter vaillamment la foule, pour ne pas rester cloîtrée chez elle. Pour garder un minimum de vie sociale. Pour vivre.
Ces jeunes filles sont handicapées autant que la personne en fauteuil roulant. Avec un handicap de plus, si je puis dire : cela ne se voit pas.
Ces handicaps invisibles, je les connais. Ces jeunes filles, ce sont moi, c'était moi. J'ai été agoraphobe, je le suis moins maintenant -on va dire que c'est en voie de guerison. Ma maladie génétique, par contre, je la traînerais à vie. J'ai une myopathie au nom (pas si barbare que ça) de Charcot-Marie-Tooth. En quelques mots, ce sont mes nerfs qui sont touchés. Parce que mes nerfs communiquent difficilement, l'information met légèrement plus de temps à circuler. (Je ne vais pas m'en plaindre, cela m'a permis d'avoir du temps supplémentaire au bac XD)
Concrètement, qu'est ce que cela me fait ? J'ai une force physique limitée, et ce sont mes membres extérieurs les plus touchés, soit mes pieds et mes mains. Je n'arrive pas à ouvrir une bouteille par exemple (ou difficilement, il ne faut pas qu'elle soit vissée fort). Mes pieds sont déformés (si vous cherchez sur internet cette maladie, vous trouverez des photos affreuses, heureusement, ils ne sont pas atteints autant !). Cela entraîne une crispation qui m'occasionne des tensions qui remontent dans tout le corps (des pieds, aux jambes, au dos, à la nuque), et j'ai régulièrement de la kiné pour m'aider (rassurez vous hein ça reste tout à fait anodin, il faut juste que je veille à bouger le plus possible et à faire des étirements pour ne pas avoir d'impatiences dans les jambes la nuit -ce qui m'empêche de dormir). Il est parfois difficile de déterminer si mes symptômes sont la conséquence de cette maladie ou non (par ex je fais de l'hypotension -j'étais à 8 pendant plusieurs années).
Ce qui est stressant, c'est de cela peut stagner et rester ainsi toute ma vie ou empirer brusquement (sans mettre pour autant ma vie en danger hein, on se détend). Ainsi je sais que cela touche aussi les mains, et que l'on m'a dit que je devais les entretenir, developper ma dexterité. Ce que je fais en tappant au clavier, en tricotant (oui aussi XD), ou en dessinant. Mais j'ai facilement des crispations dans les doigts, et cela me fait peur. Mes mains, c'est ma vie, c'est par leur biais que je communique, que je m'exprime. J'ai peur de perdre cette mobilité, que mes mains se paralysent... (Bref je m'écarte du sujet, mais je tenais juste à exprimer le fait que c'est angoissant de ne pas savoir à quoi s'attendre).
Le principal symptôme, cela reste la fatigue chronique, SFC de son ptit nom. Drôle de symptôme que celui-là ! Il est présent dans bon nombre de maladie, et c'est le plus vicieux de tous. Pour ne pas se voir celui là, il ne se voit pas ! Tout simplement parce qu'on est tous fatigué, un jour ou l'autre. Alors comment accepter que ce soit une maladie, et non de la fénéantise ? Oui parce que comme pour la dépression, y'a toujours quelqu'un qui va refuser que tu puisses être malade et te retorquer "bouge toi les fesses". Il y a rien de pire comme accusation, il n'y a rien de plus faux. Je marche à la volonté, et je pense que tout ceux qui sont crevés par ce symptôme font de même. Imaginez, c'est comme si, pour faire ma journée, j'avais deux litres d'essence dans le moteur, au lieu de dix. Une personne "lambda" qui aurait huit litres au démarrage se sentira fatiguée. Alors avec mes deux pauvres petits litres, je suis vraiment fatiguée. Comprenez que tout au quotidien me demande un effort. Manger, me laver... Répondre à mes besoins vitaux me demande déjà un litre et demi d'essence. Fiuu parti. Alors non, avec un demi-litre je ne vais pas aller faire mes courses et encore moins un footing. Je suis physiquement affaiblie. Je ne fais plus de sport depuis, oulà, dix ans ? Alors je compense comme je peux. Je me repose beaucoup, et mon corps ne sort guère de chez moi, si ce n'est pour mes rendez vous médicaux, et pour l'expédition de la semaine qui est l'atelier dessin/peinture du Lundi. Ma tête, elle, fonctionne à 100 000% et se nourris d'imaginaire (tiens ça, vous l'avez remarqué non ? lol).
Mais c'est pas tout, la SFC a quelque chose de plus vicieux encore : elle est différente suivant les personnes, et elle évolue aussi dans le temps. Un peu comme une dépression en fait (d'ailleurs les deux phénomènes s'accompagnent souvent). Bon je ne vais pas m'étaler maintenant sur mon opinion concernant la relation corps / esprit, bien plus étroite que la médecine traditionnelle ne l'imagine, mais j'ai constaté sur les années, c'est un fait, que plus je me sens mieux dans ma tête, plus ma thérapie avance, plus ma santé s'améliore et plus j'ai de l'énergie. Des litres dans le moteur. Je fais plus de choses et avec moins d'efforts, même si cela peut paraître anodin : tiens aujourd'hui j'ai fait ma cuisine, hier j'suis descendue voir les poules au jardin, l'autre jour j'ai été faire les courses... Je reste dépendante de mon entourage, ce qui me peine, mais je suis de plus en plus active et cela me fait du bien (à noter qu'à partir du moment où je peux manger et me laver toute seule, je n'ai pas le droit à une aide à domicile. En attendant, c'est mes proches qui s'occupent de tout).
Bref revenons à nos moutons, bien que mon cas vous passionne j'en suis sûre lol. Tout ça pour dire qu'un handicapé n'est pas forcément dans un fauteuil roulant, je suis bien placée pour le savoir. Pour vous dire aussi qu'être reconnu comme handicapé, c'est un parcours du combattant. Il n'est déjà pas simple d'admettre que l'on est malade, souvent pour de longues périodes, si ce n'est à vie. C'est une acceptation qui prends du temps. Mais cela ne nous aide pas de faire face à ce refus, que dis-je, ce déni du handicap.
Il m'a fallut trois ans d'attente, et faire appel d'un premier refus, pour recevoir la fameuse carte de priorité handicapé et l'allocation qui me dit tout les mois "oui, l'Etat te reconnais comme handicapée, et on va t'aider". En attendant j'étais incapable de travailler ou d'aller en cours (et pas de RMI ou d'autres aides du genre vu que j'avais jamais travaillé). Sans mes proches j'aurai vécu comment, d'amour et d'eau fraiche ?
Si l'handicapé est bien souvent réduit à "celui en fauteuil roulant" c'est parce qu'on est dans une société qui a érigé la santé parfaite comme saint graal. Nous devons rester jeune et en bonne santé, repousser sans cesse la limite de notre corps, oublier la mort, devenir immortel, voilà ce qu'on nous dit à longueur de temps. Si on entre pas dans ce moule, on est hors-case, hors jeu, la fête est finit on reste sur le banc de touche. Au delà du handicap, si on est malade, on perd toute vie sociale. Un malade doit se reposer alors non, il ne va pas faire la fête, ou moins. C'est le "pénible" de service qui va vouloir rentrer plus tôt, ou ne peut pas faire ceci ou celà. Quant il ne va pas arrêter de travailler, ou d'étudier, bref, de sortir du cadre. Personne ne veut être en compagnie de quelqu'un qui lui rappelle constamment de sa déchéance proche et inexorable, voilà comment la société nous moule. La société ne veut pas de l'handicapé, il dérange, alors elle le met dans un coin. L'handicapé se retrouve donc seul, face à l'incompréhension, parfois le mépris (comme s'il était responsable de son état !).
Pourtant, nous sommes tous handicapés, chacun à notre façon. Un handicap, c'est quoi au final ? C'est une limite, une difficulté, un manque. Je ne peux pas courrir. D'autres ne savent pas lire et écrire. Certains se jugent associal. Beaucoup manquent de confiance en eux. Ou encore on peut manquer d'argent, on peut être issu d'un milieu difficile, on peut être la victime quotidienne de racisme parce qu'on à la peau d'une autre couleur que l'idéal sociétal.
Tout ces facteurs marquent nos différences, isole. Et pourtant, c'est notre richesse !
Reprenons notre rame de tram. Combien voyez vous d'handicapés maintenant ?
Je crois que si on veut que la société accepte les handicapés, c'est un travail qui doit se faire en chacun d'entre nous. Prenez conscience qu'un handicapé, c'est quelqu'un comme tout les autres : cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de problèmes, non, mais que nous sommes tous des êtres imparfaits, avec nos points forts et nos points faibles.
Et pour finir par une bonne cure d'humour, je vous prescrit le film "Intouchables" où un handicapé social prend soin d'un handicapé moteur, et où l'amitié nait de ces différences qui leurs permettent de partager et de grandir. Actuellement dans les salles !
PS : Pendant des années j'ai crié mon handicap, espérant bêtement que l'on me reconnaisse comme tel, pensant qu'une réponse positive m'aiderai à accepter mon état. Je n'ai essuyé que des dénis, des tentatives d'aides maladroites, quand ce n'était pas de l'indifférence. J'ai finis pas comprendre que ça faisait peur, et depuis, je ne met pas mon handicap en avant, c'est juste un élément parmis d'autres. Il fait partie de moi, mais n'est pas moi.
Je ne sais pas si ce message aura des réponses, où si là encore, seul le silence fera écho -peut être parce que vous, lecteurs, vous sentirez vous démunis, incapable de parler, ou par refus, en haussant les épaules. Je ne le saurai jamais si vous ne me faites pas signe, ce pourquoi j'aimerai bien que vous vous donniez la peine de commenter, même pour dire que vous ne savez pas quoi dire XD
25 fev 2013 : On rejoints ma PAL mes premiers mangas hiiiiiiiii
Du Clamp en
veux tu en voilà : Wish t1, Trèfle t1, RG veda t1 (édition collector -en promo- superbe) et Dukalyon t1 pour le fun.
10 décembre 2012 : je suis toujours très en retard sur mes critiques mais j'ai repris la lecture !
A venir : la suite de ma retrospective AMC, "A travers Temps" de Wilson, et le petit jeu fun (devinez un film ou une série) ! Et bien sûr toujours la découverte de l'univers des anime japonais (décrypter les codes visuels, du vocabulaire, Magic Knight Rayearth, Serei no moribito...)
Comme dirait Mémé Ciredutemps "j'suis pas morte". J'espère trouver rapidement du temps pour blogger, j'ai des tonnes de livres en retard et je ne lis même plus "-_- C'est toujours mon roman qui me prends du temps (sans parler de ma fatigue émotionelle. Ma chienne est morte, toussa). Allez courage on tiens le cap mousaillon !
-Retrouvez moi sur Facebook :
page fan pour tous, et perso pour les bloggeurs/amis (dans ce cas là veuillez svp me rappeller d'où on se connait)
-Enfin pour mes dessins, c'est sur deviantart
Pensez à elles, ne choisissez pas d'oeufs de batteries ! (j'en parles
là, et pour voir mes cocottes c'est ici et ici ^^)
-un site à connaître : Avaaz ! 8 millions d'inscrits pour se mobiliser pour un monde meilleur ! Et vous ?
;)
Lectures perso :
mangas
silver spoon
empruntés : X, fushigi yugi, fairy tail
autres
histoire du futur II, heinlein (nouvelles)
Le chemin des dieux
les doués AMC : le galop d'essai, le bond vers l'infini, la rowane
fendragon (arrêté)
la pierre et le sabre (arrêté)
Lecture avec le Cercle : RAS
...livres lus :
[critique éclair] dossiers Dresden T2, lune fauve
Anne McCaffrey : des dragons, Pégase, et des hommes surtout (2)
Anne McCaffrey : des dragons, Pégase, et des hommes surtout (1)
Prêtresses du sexe, Alexandre Lévine
La Dame de la haute tour, Anne McCaffrey
Derniers coup de coeur :
La charmeuse de bête, UEHASHI Nahoko
Le magicien et le golem, Besancenet
... épisodes vus :
Je regarde Real Humans, Person of interest, Fairy Tail, Bakuman, Tsubasa Chronicle, X... surtout je revois star trek TNG et TOS.
Critiques :
Séries télégramme épisode 1 : Ashes to ashes / Mentalist / Terra Nova
X de clamp : découverte du
manga, comparaison avec l'anime
... films vus :
Evangelion 2.0 You can (not) advance
séance ciné SFF : Evangelion, Nausicaa, Rango, Space battleship
et en dessins :
[dessin] femme au sabre : pointes-feutres, le retour
[dessin] danseuse chinoise, pointe-feutre et boite à lumière
*** Bilan culturel 2011 : livres, films, et séries TV ***
*** à la découverte de l'imaginaire
japonais ***
Le handicap, je connais bien, quelqu'un de très proche de moi (ma femme pour tout dire) y est confrontée. Ce n'est pas facile à vivre au quotidien bien sûr, mais ceux qui savent, ceux qui nous connaissent l'ont accepté depuis longtemps. Le problème ne vient pas de là.
Le problème vient de ceux qui ne savent pas. Ceux qui, en effet, considèrent qu'un handicapé DOIT être dans un fauteuil roulant. Et que si vous n'êtes pas en fauteuil, pourquoi avoir droit à ce macaron sur le véhicule qui donne droit à cette place de parking qu'il aimerait tellement avoir, mais sans le mal qui va avec ?
Le problème vient de là. De la peur, la méfiance, ou je ne sais quoi d'autre. Depuis le temps, ma femme a appris à vivre avec, et ne met d'ailleurs aucunement en avant sa maladie, mais les regards font toujours mal, ou énervent, comme s'il fallait se justifier tout le temps.
Bref, je comprends bien ta position, et la partage totalement. Courage, il y a encore beaucoup de choses à faire pour faire avancer la cause des "handicapés invisibles" comme des autres handicapés.
merci beaucoup de ton message et de ton témoignage
et bon courage à ta femme et à toi aussi (partager le quotidien
d'un handicapé ce n'est pas de tout repos non plus !)
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec tout, mais on en discute une fois !
Alors, faisons notre vie avec ce que nous sommes : "ce que tu fais te fais".
Avançons avec nos propres outils et créons nous de bonnes journées !
Lucie
merci de ton soutien ;) à jeudi peut être hihihi XD bisous !
Tout d'abord, je suis justement allée voir "Intouchables" hier. J'ai vraiment bien aimé, c'est un film très amusant, mais en même temps, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander: "quid des personnes qui ne sont pas millionnaires?"... Parce que le handicap de cette personne est quand même sacrément rendu plus "facile" (j'exagère à dessein) par les gadgets, les soins multiples, l'accès à l'art et à la beauté des choses, surtout aussi, que beaucoup d'autres dans la même situation n'ont pas. C'est rhétorique comme remarque, mais c'est une question d'actualité, cette question de l'argent qui rend tout plus facile à supporter alors qu'on nous assure encore et toujours qu'il ne fait pas le bonheur, et dont on veut priver la plupart des gens dans le besoin. Je pense à mon cas, chômeuse dont certains politiciens annoncent vouloir diminuer les indemnités de moitié, voire les supprimer après un certain laps de temps, mais je pense aussi aux personnes comme toi ou ma grand-mère, qui est atteinte de la maladie de Parkinson et qui a bien besoin de ses indemnités de handicap pour s'en sortir vu qu'elle est dans un home spécialisé en soins de santé qui coûte cher - comme tous les homes de toute manière (par contre, nous n'avons pas eu de difficultés pour faire reconnaître sa maladie comme handicapante, vu qu'elle est malheureusement répandue). Parce qu'à coup sûr, d'une manière ou d'une autre, ces politiciens qui refusent de réclamer les impôts aux entreprises qui en sont exemptées, vont se mettre à réduire tous les budgets de personnes qui ne peuvent pas ou ne savent pas lutter contre eux...
Bref, pardon de faire ma défaitiste. Je ne sais plus qui avait transformé la phrase de Gandhi en disant qu'on peut juger une société à la manière dont les plus faibles (enfants, personnes âgées, handicapés, chômeurs, etc.) sont traités, mais c'est exactement ça. Et on n'a pas grand chose de bien à dire de notre société de ce point de vue-là je pense...
J'avais déjà entendu par hasard parler de ce syndrome de fatigue chronique, mais on l'évoque rarement quand même... Toutes ces choses associées doivent être assez difficiles à vivre, je comprends mieux tes remarques. Dans ces cas-là, on souhaite pouvoir faire quelque chose, sans trop savoir quoi, ne serait-ce que parce qu'imaginer devoir vivre la même chose nous paraît tellement difficile qu'on n'arrive pas à imaginer comment la personne s'en sort, comment tu t'en sors. Et à ce que tu racontes, tu sembles commencer à dominer le truc. Chapeau, vraiment. Des fois, je prends peur en réalisant que je ne saurais peut-être pas gérer une maladie grave, ou dont on ne guérit pas (c'est le Parkinson de ma grand-mère qui me terrifie, même si on m'a dit que ce n'était pas héréditaire, juste qu'on avait plus de chance de l'avoir si quelqu'un de la famille l'avait - ce qui ne change pas grand-chose)...
C'est clair qu'avoir ou ne pas avoir de l'argent change beaucoup de choses. Qu'une grande majorité de citoyens choisissent des moyens illégaux plutot que de se priver de culture est aussi un symbole fort dans cette détresse financière et culturelle actuelle. Si en plus de ma petite santé il faut que je sacrifie mon épanouissement intellectuel et mon divertissement, outch ! La corde de suite ! (ceci est de l'humour) (au cas où)
Dominer le truc ? Gérer plutot. Oui, petit à petit, on passe de la colère, à l'abbattement, à l'acceptation. Et à la vie ^^ ça prends des années. Mon diagnostic a été établi en sixième, il m'a déjà fallut dix ans pour réaliser, comprendre physiquement et psychiquement ce que ça voulait dire. Que j'étais malade (je ne voulais pas l'admettre).
Après je l'accepte aussi (pas en un claquement de doigts on est bien d'accord) parce que tout bêtement ça fait parti de soi, et aussi dingue que ça puisse paraître au premier abord, cela apporte beaucoup. Pour moi, on est pas malade pour rien (quelque soit la maladie).
*attention, les propos qui suivent peuvent heurter la sensibilités des cartésiens, des saints thomas et autres "je veux constater par moi même pour y croire" *
Par la "mal à dit", le corps nous transmet un message. C'est une réaction à un trauma / un stress / un choc émotionnel. Quand je vous parles de thérapie, ce n'est pas anodin XD Je suis "adepte" (dans le sens de "je partage ces convictions", je n'ai pas donné de l'argent -que j'ai pas de toute façon- à d'obscurs gourous), bref adepte donc du "Decodage Biologique". C'est une façon de voir globalement le lien entre corps et esprit qui me convient bien, et qui, aussi fou que ça puisse paraître, me 'guerit'. Mieux je sais le pourquoi de ma maladie (et y'a un joli paquets de pourquoi), mieux je me portes. Bon là, j'ai perdus tout les scientifiques qui peuvent lire ça lol, mais sans déc' c'est un constat. C'est une thérapie qui explique aussi les "miracles" d'ailleurs (allez zouh j'vais aussi me mettre à dos les croyants mdr). Je ne sais pas si je vais retrouver la santé au point que mes gênes vont se recombiner normalement (mayday mayday on la perd), mais en tout cas à partir du moment où y'a plus besoin du message, parce qu'il a été entendu, y'a plus de maladie (j'ai pu le constater à plus petites échelles).
C'est révolutionnaire comme façon de concevoir la maladie je dis pas, mais à terme, je pense que ça va être -ou se rapprocher de- la medecine du futur. En tout cas j'espère.
Et donc, je crois pas qu'il faille avoir peur de la maladie. Sauf, si cette peur est un message important : par exemple, si tu as besoin de ressentir dans tes tripes que oui, tu tiens à la vie. Les maladies graves, et surtout mortelles, nous relie parfois/souvent (rayez la mention inutile) à notre peur de la mort.
Dans ton cas il me paraît à première vue (mais j'ai pas la science infuse) qu'il peut être intéressant de te pencher sur ce que tu ressens par rapport à ta grand-mère malade (de quoi au juste as tu peur ? si tu tombes malade, d'être dans une position "de faiblesse" ? de ressentir de la part des autres quelque chose que tu as vécus de l'autre côté, en t'inquiétant pour elle ? etc). Une fois que tu l'auras compris, tu seras plus tranquille. Une fois que la peur aura délivré son message, elle pourra s'en aller (ou au moins se calmer et arrêter de gesticuler en tout sens)
*c'était la parole de sainte Lael, consultation gratuite du lundi au dimanche 18h-3h, ne pas oubliez l'obole à la sortie s'il vous plait* (toute personne prennant ce propos au sérieux sera priée de laisser aussi une obole. Le double même. Non mais)
Un gros merci pour ce billet qui en aura fait réfléchir plus d'un, j'en suis sûre !
C'est vrai que, handicap ou pas d'ailleurs, il semble que s'accepter est la première étape
merci de ton message ! Merci à tous, j'suis trop contente, ça fait méga chaud au coeur !
ça m'honorerait ! ça peut aussi être bien de l'afficher. En tout cas utilisez le autant que vous voulez pour aider à faire comprendre ce qu'est un handicap invisble ! Plus il est diffusé mieux c'est !
Joli billet que tu nous a écrit là, et je dois dire que ton image du Tram a grandement fait écho en moi. Ma situation n'est pas si différente de la tienne, même si les causes sont toutes autres.
En fait j'ai eu deux accidents (un en 1998 et l'autre en 2009), 2 traumatismes crâniens avec perte de connaissance et lésions cervicales. Je suis resté de longs mois en fauteuil roulant, et avec une bonne rééducation en centre spécialisé j'ai enfin pu reprendre le contrôle de mes jambes et reprendre une vie à peu près normale...
En ce qui concerne le handicap, le plus toléré (ou le moins mal si tu préfères ^^) par la société car irréfutable, c'est bien évidemment celui que l'on voit. Mais ce n'est pas forcément plus facile de vivre une situation de handicap visible en comparaison de la situation de handicap invisible. Pour avoir vécu la première et vivant actuellement la deuxième situation, je peux te dire qu'aucune n'est plus enviable à l'autre. Je m'explique.
Dans un premier temps, note que je parle de "situation de handicap" et non pas de "handicap". Le terme de "situation" implique la notion d'évolutivité, quand le terme de "handicap" seul tend très souvent à une définition d'état figé donc inacceptable. C'est un terme qui m'a été donné par un neuro-psychologue pour apprendre à mieux m'accepter, et ça marche très bien en ce qui me concerne donc je partage !
La situation de handicap visible, c'est la plus connue du commun des mortel. Et effectivement le logo des places handicapées montre bien la stigmatisation qui est faite.
Une personne dans un fauteuil ça ne passe pas inaperçue, et c'est bien là tout le problème pour celle-ci. Toute la difficulté vient du regard des gens sur toi. Compassion, curiosité (bien ou mal placée), répulsion, culpabilisation, pitié... il exprime une multitude de sentiments de l'autre envers toi. Toujours est-il que ce regard est souvent insistant et très pesant. Il montre du doigt une différence, volontairement ou non : tu n'es pas pareil et ça se voit. Toute la difficulté quand tu es dans cette situation est d'arriver à passer outre ce regard continuel.
A ce niveau là, j'ai eu droit à vivre personnellement une situation très intéressante. J'ai vécu en centre de rééducation aux côté de grands brûlés qui venaient profiter des bienfaits des thermes après de multiples opérations. Je n'avais jamais été confronté à ce genre de handicap, et alors que j'étais moi même en fauteuil, j'avais envers ces grands brûlés ce même comportement, ce même regard insistant, ce regard que je détestais qu'on me porte. Je me détèstais pour ça. Et puis j'ai compris une chose : même dans une situation de handicap, on trouvera toujours quelqu'un de plus handicapé que soi. Partant de là, il faut bien comprendre que le regard qui blesse n'est pas uniquement celui du valide envers le handicapé, c'est celui à la base d'une incompréhension, d'un état de fait qui perturbe.
Toujours dans ce même centre, une jeune fille est un jour venu vers moi. Elle attendait un ami qui était en séance de kiné juste avant moi, et pour passer le temps elle a engagé la conversation. Elle était très bien habillé, un look vraiment sympa et travaillé, beaucoup de goût. On a papoté un petit moment et elle est partie avec son ami.
Je pensais que c'était une simple visiteuse, donc tu peux imaginer ma surprise en la voyant le soir me rejoindre au self pour manger. C'est le soir seulement que je me suis rendu compte qu'elle avait eu une grande partie du corps brûlé. Je lui ai dit que je n'avais rien vu de son handicap. Elle était ravie, et m'a simplement répondu que son truc était de détourner le regard de sa peau, en l'attirant sur autre chose : ses vêtements. Et ça marchait vraiment !
Même si c'est très difficile, on peut donc détourner le regard de l'autre de son handicap, attirer son oeil toujours sur soi, mais une autre partie de soi-même qu'on veut qu'il voit. Ça passe effectivement obligatoirement par une acceptation de soi-même, et c'est à mon sens la meilleure clé vers le mieux-aller.
Une fois sorti du fauteuil, je me disais qu'une fois debout, ce serait plus simple. Et bien pas forcément ! L'idée du Tram par exemple. Je tiens debout ok, mais j'ai encore les tendons fragiles donc dès que je peux me pauser dans les transports je le fais. Pourtant ça m'est arrivé plusieurs fois de ne pas pouvoir m’asseoir ou de devoir céder ma place. Un jeune grand gaillard d'1.86m c'est forcément en pleine forme ;-)
Que faire ? Rappeler sans arrêt aux gens qu'on est physiquement limité, fatigué, qu'on ne peut pas faire telle ou telle chose ? C'est une question de caractère je pense. Personnellement je préférerai la solution de garder un maximum mon handicap invisible, quitte à en prendre plein la tronche. J'ai passé mes examens scolaires sans rien dire, préférant les foirer plutôt que de les obtenir au rabais, par pitié. J'en est raté 1 sur 3 donc le concept m'a plutôt bien réussi !
Au niveau de mon boulot, mon deuxième accident a nécessité un réaménagement de poste pour rester un maximum assis. Période peu évidente pour moi, mais au final c'est un plus au niveau de mon déroulement de carrière car je suis aujourd'hui beaucoup plus polyvalent et plus autonome dans mon travail.
Non en fait, le plus difficile à admettre aujourd'hui dans cette situation de handicap invisible, c'est son côté invisible pour une grande majorité... de médecins ! Incroyable non ? Bah pourtant c'est vrai ! Le plus dur pour moi c'est de trouver des spécialistes qui comprennent mes troubles et proposent de vraies solutions. Parce que même les médecins ont un problème avec le handicap invisible, même eux on un regard biaisé sur cette situation. Si tu as mal, si tu as des troubles de mémoire ça doit se voir sur des examens non ? Ben pas forcément. Et quand bien même des examens récents prouvent le problème, un diagnostique psychologique plus ancien sera tout de même privilégié.
Il faut savoir que pour bon nombre de médecins (pas tous heureusement), le non visible (visible en faisant les bons examens...) est forcément d'ordre psychologique. Temps qu'on sera confronté à ce problème au sein même du corps médical, comment imaginer faire comprendre à mémé dans le Tram que nous aussi on a besoin de s'asseoir ?
En espérant que mon témoignage pourra servir.
@+
Krys
merci pour ton long et intéressant témoignage ! Surtout sur le regard de l'autre *respect*
Tu l'as échappé belle dis donc, ça doit ficher un sacré coup au moral -avant de trouver l'énergie de rebondir. Tu dois avoir l'impression que le ciel te tombe sur la tête. Un accident, ça t'oblige à prendre conscience de ta situation plus violemment qu'une maladie j'ai l'impression.
En fait le coup de céder la place dans le tram, ça m'est arrivé aussi (et finalement je ne l'ai pas utilisé tel quel dans mon article ? je sais plus). Je n'avais pas encore la carte de priorité, et sur tout les jeunes rentrant de l'université, c'est tombé sur moi (surement que je paraissais la plus gentille XD). Le pépé me tend sa carte direct, que pouvais je lui dire ? si j'avais dis quelquechose, il aurait très certainement crû que je mentait. Ou si ce n'est pas lui, les étudiants autour. J'ai pas osé, j'lui ai laissé ma place.
Mais c'est sûr que ça dépend de son état intérieur, de sa confiance en soi. Maintenant que j'ai pris du poil de la bête, que j'accepte ma "situation de handicap" comme tu dis si bien (j'avais encore jamais compris ce que ça voulait dire, ça me paraissait juste une formule barbare) je pense que je ne lui céderais plus ma place (m'enfin ça ne s'est pas reproduit depuis, qui sait comment on peut réagir dans la situation).
décidemment, je n'en reviens pas des réactions positives à ce post, je suis aux anges ! la parole se libère XD
Pour ce qui est de ma grand-mère, c'est très simple: ce que peu de personnes savent (si elles ne sont pas confrontées à la maladie de Parkinson), c'est que Parkinson, ça devient comme Alzheimer en plus quand la maladie progresse. La semaine dernière, par exemple, je me suis fait avaler comme pas possible pour une chose... qui s'est passée avant ma naissance. Mais ma grand-mère n'en démordait pas, et m'a même déshérité verbalement une dizaine de fois. C'est de ça que j'ai peur. J'ai une peur bleue de perdre mes capacités mentales, de ne plus comprendre ce qui se passe, de rester enfermée dans des raisonnements illogiques. Je le sais, je ne me le cache pas, mais ça ne m'aide pas de le savoir, car la menace est là, et que je ne peux pas cesser de trouver ça affreux, surtout quand je vois régulièrement ce que ça donne sur une personne que je connais.
De ce que j'ai appris, apparement, la maladie est aussi un moyen pour le corps de se nettoyer des trauma (petits ou grands) qui nous ébranlent. Plus le trauma est grand, plus on est 'contraint' de faire ce nettoyage aussi à un niveau conscient. A la base l'inconscient prend pour argent comptant tout choc qui peut nous arriver (une violence physique comme une violence verbale par ex), et cela s'inscrit, plus ou moins fort, en nous, d'abord au niveau inconscient, puis conscient, et enfin physique. Je pense que la mémoire des traumas (d'ailleurs on parles de mémoire cellulaire) est aussi bien ancré dans notre corps que dans notre tête, c'est un sacré travail en profondeur en fait. Ce pourquoi, entre autre, on ne possède pas seulement la mémoire de nos traumas mais aussi ceux de nos ancêtres (c'est la psychogénéalogie. Ptite piste d'ailleurs pour ceux qui comme moi ont une maladie génétique : si elle est génétique c'est pas pour rien, allez donc voir du côté de vos ancêtres, vous trouverez probablement des origines très troublantes de vos maux actuels.)
Le corps et l'esprit travaillent ensemble pour le coup, et évidemment je prends pas mal de médicaments (huiles essentielles et plantes le plus possible), pour aider à ce nettoyage.
Après, c'est sûr que tout ça, chacun se fait sa propre opinion, sa propre expérience. Mais ce qui semble évident c'est qu'on est bien loin de tout comprendre. Peut être un jour on trouvera une théorie unificatrice parfaite qui répondra à toute nos questions. Mais on a déjà de bonnes pistes je trouve, en piochant un peu à gauche et à droite XD
Pour ta grand mère piouu c'est sûr c'est pas simple "-_- La peur de devenir folle je l'ai eu aussi, pour d'autres raisons. Ce genre de peur, c'est finalement ma vision de la maladie qui m'aide à la dépasser. Parce que, en gros, je pense pas que je peux avoir ce genre de maladie sans raison. Donc plus je nettoie mon passé, plus de me sens libre de mon avenir. J'attends pas que le trauma, parce que je ne m'occupe pas de lui, attente à ma vie en se changeant en tumeur (= "tu meurs"). C'est traiter la cause, et non la conséquence.
Perso je reste persuadé que les deux compétences peuvent travailler en parallèle sans entrer en conflit. Mon vécu en témoigne. C'est grâce à la compétence d'un ostéopathe et à l'ouverture d'esprit d'un médecin travaillant de pair que j'arrive à des résultats aujourd'hui. Le médecin ne trouvait pas de diagnostique convainquant à ses yeux. L'ostéopathe a trouvé une anomalie d'alignement des cervicales, confirmée par des examens récents ordonnés par mon médecin. Ce lien étroit ne va pas de soit, et bon nombre de spécialistes ne tolèrent pas que leur compétence puisse être "mise en concurrence" avec une autre science... Pour avoir perdue plusieurs années à me battre contre cette déontologie, je te garantie que le mental a pas mal fait le yoyo. Mais effectivement l'esprit est très important. Ça ne fait pas tout comme tu le dis très justement, mais c'est une aide précieuse. D'un point de vue basique si tu ne vas pas dans ta tête, tu ne va pas dans ton corps c'est certain. Le soutien des proches est très très important pour garder le dessus ;-)
En ce qui concerne ta Grand-Mère, la plus grande douleur que sa maladie inflige, ce sont les proches qui la ressentent. On pourrait presque dire que tu souffres d'un handicap affectif vis à vis d'elle. Le lien s'effrite, mais c'est la maladie qui en est responsable, pas toi ni ta Grand-Mère. Le plus difficile c'est de l'accepter. Mais comme pour une personne handicapée, ça passe par l'étape de faire le "deuil" de ce qui n'est plus possible, et d'apprendre à vivre l'instant présent. Sans trop te projeter vers cet avenir qui te fait peur, et en gardant bien à l'esprit tous ces moments de petits bonheurs que tu as vécu et que tu vis encore au quotidien avec ta Grand-Mère (mais pas seulement :-)).
Quand à cette peur que tu as, elle est légitime. On l'éprouve tous plus ou moins je pense, mais elle ne doit en aucun cas t'empêcher de vivre, d'avancer. Vis ta vie à fond, à l'instant présent. Profite de la chance d'être en pleine forme aujourd'hui, pour le reste on verra demain :-D
Oui c'est le problème actuel d'avoir soit un médecin pour la tête, soit un médecin pour le corps. N'empêche plus j'avance dans mon apprentissage de la maladie, et plus je doutes qu'il y ait des maladies purement physiques.
Sinon tu réponds parfaitement pour Cachou, je suis bien d'accord avec toi sur cette notion de deuil de ce qui a été, et de profiter de l'instant.
Le lien psychologique/physique est pour moi évident j'ai eu pas mal de soucis au travail à la limite de la dépression mais je ne voulais pas franchir le pas de quitter ce travail. La peur de l'inconnu était trop grande même si je n'en pouvais plus physiquement et mentalement, alors mon corps a pris cette décision à ma place en me provoquant des ennuis de santé. Les médecins ne comprennent pas ces problèmes de santé, oui j'avais aucun antécédent rien ne présageait ces problèmes et pourtant je les ai eus... une fois n'a pas suffit à me faire prendre cette décision de quitter ce travail alors étrangement j'ai encore eu des problèmes de santé. Cela a suffit pour oser quitter ce travail, aujourd'hui je ne sais pas où je vais mais en tt cas je sais où je n'irai plus.
Ces problèmes de santé ont eu aussi des conséquences sur le regard des autres, bien sûr ces problèmes ont eu lieu au travail ou du moins très proche de ce dernier. Alors oui je comprends ces regards dont vous parlez parce que je les ai vécus... D'être vus comme celles qui a des problèmes, oui c'est dur... Déjà accepter ses problèmes (et moi à l'heure d'aujourd'hui j'ai du mal et je n'ai pas encore franchi ce cap) c'est pas facile mais alors en plus accepter ce regard différent c'est loin d'être simple... Je ne suis plus de la partie pour les soirées post-boulot car ils ont peur de moi, peur de mes problèmes et ne veulent pas que cela arrive quand ils reçoivent chez eux alors je ne suis plus invitée cela règle le problème pour eux. Simplement pour moi c'est dur. Oh bien sur j'ai pas la certitude que c'est pour cette raison mais bon cela coïncide avec mes problèmes de santé et ils étaient là quand c'est arrivé...
Bien trop souvent les regards envers les personnes différentes sont ceux de peur, oui ils ont peur que ça soit contagieux ou je-ne-sais-quoi...
On nous conditionne dès la naissance à être dans le « moule », comme les autres et si on a le malheur de sortir de ce moule alors on est jugé parce qu'on est différent...
C'est pas tous les jours simple, loin de là, alors courage, parce que même avec tous ça la vie offre des petits (ou des grands!) moments de joie, de bonheur, d'amour...
c'est totalement ça Ness, moi aussi mon corps à lâché quand je me suis trop entêté dans mes études, à penser que j'étais comme tout le monde, que non je n'étais pas malade. En dirait que mon inconscient à réagit en disant "Pas malade hein ? Et maintenant que je t'ai mis au lit ?".
L'autre soir dans l'émission sur le bonheur sur FR2, y'avait un témoignage d'une handicapée, c'était chouette. Elle expliquait comment, lorsqu'elle était valide et enviée par son boulot, elle était malheureuse car elle ne faisait pas ce qu'elle voulait vraiment. Elle a eut un accident, amputée d'un peu partout. Elle a décidée de suivre ses envies et de peindre, et sa nouvelle vie est désormais pleine de bonheur.
Et quand on est en phase avec ses envies, tout se fait tout seul.
Je peux voir au quotidien comment l'extérieur réagit à ce qu'on est à l'intérieur, je veux dire aussi, sur les évènements. Raz-le-bol d'un travail de groupe sur internet ? Je suis virée, ça me fait mal sur le coup, mais oh bonheur, je trouve milles fois mieux après. Le "hasard" qui fait bien les choses ? Envie de vacance ? Ben tiens, salon du handicap, alors que ma mère n'avait vraiment pas envie d'y aller et n'aurait jamais pensé trouver ça là, elle trouve une semaine à Marrakesh dans un centre adapté (sans que ça soit un truc lugubre), demi-pension offerte. On devait partir un mois plus tard (un truc comme ça), j'ai jamais pris des vacances comme ça, à l'instinct, d'un coup de tête, et ça a été super. (je vous invite d'ailleurs à y aller, ça s'apelle Handioasis. Ils ont un site internet).
C'est ma récompense pour tout le travail que je fournis. Parce qu'il faut pas croire, je ne travaille pas comme tout le monde, mais j'ai quand même un boulot lol La thérapie, surtout quand on l'a fait vraiment à fond comme moi, c'est un vrai travail !
Bref soyez en lien, profondément, avec vous et vos envies (= en vie), et vous verrez, l'extérieur se met en place autour de vous c'est magique (j'aurai jamais pensé pouvoir parler tranquillement de mon handicap et avoir des discussions aussi enrichissantes il y a quelques années, j'ai encore du mal à y croire !). Il suffit d'être attentifs aux occasions et ça se présente :)
Bon courage Ness, accepter son handicap ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais on y arrive ! Déjà en parler aujourd'hui c'est un grand pas bravo :)
Plus difficile de prendre conscience de ta situation suite à un accident que face à la maladie ? Pas évident de répondre à cette question. D'autant que si la cause est accidentelle, certains troubles qui en découlent peuvent être considérés comme une maladie.
En fait je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ma situation. Le cerveau est programmé pour ne pas "mourir". Il est capable de se mettre en "mode sécurité" à partir du moment où il estime que sa survie est engagée (intégrité physique et/ou mentale). En gros le cerveau enregistre l'accident (même si tu n'en as aucun souvenir) et agit pour te protéger de toute situation qu'il assimile comme risquant de te remettre en danger. La résultante étant une série de blocages physiques et mentaux, pour schématiser.
Pas évident d'expliquer le phénomène... Disons que ton cerveau s'est reprogrammé pendant l'accident. Lorsque tu es assis ou couché tu es en sécurité. Que tu puisses te mettre debout ou qu'on te verticalise par assistance, la situation debout est enregistrée comme la position de danger (=chute).
Tu n'es plus capable de raisonnement. Tes réactions sont basiques, régies par des émotions exacerbées (rire aux éclats pour un truc sensé au mieux faire sourire, te mettre à pleurer pour rien). Il faut tout réapprendre. Tu ne te rends compte de rien, tu n'es pas conscient de ton état à la base. Tu es au fond du gouffre, avec un tas de monde autour de toi qui te dis qu'il faut remonter et qu'on va t'aider. Tu n'as aucune idée de la faisabilité du truc, tu n'as aucun moyen de savoir si c'est possible ou pas. Tu n'es même plus capable de te poser la question. On te dit "c'est ce que tu vas faire", la seule réponse possible c'est "ok". Y a pas de doute, pas de réflexion construite personnelle. Ton cerveau est en mode "sans échec" : fonctions de bases uniquement, parce que sinon ça plante.
Ça c'est la première étape. L'étape suivante c'est la reprise des fonctions cognitives. Ça revient lentement, tu peux à nouveau reprendre une conversation. A condition qu'elle soit menée par un interlocuteur unique, sur un sujet bien précis. Si il y a changement de sujet ou une tierce personne qui rentre dans la discussion, c'est mort. Dans le même temps tu reprends conscience de ton corps. Ça passe par des exercices kinesthésiques très fréquents.
La troisième étape, c'est la plus difficile. Tu as repris toutes tes capacités cognitives, et c'est la que tu commences à comprendre la situation. Et là tu es dans la merde. Parce que ton physique évolue plus vite que ton mental. Ton corps à la capacité physique de se mettre debout, pas ton mental. Ton cerveau est toujours en situation de blocage "mode sécurité on". Je me souviens d'avoir pété un plomb le jour où pour la première fois je me suis remis debout seul entre les barres parallèles. Je me suis mis à chialer de terreur. Je ne sais pas comment expliquer le phénomène : une sorte de douleur mentale. Tu n'as mal nulle part, et c'est pourtant insupportable !! Ton physique et ton mental sont en conflit permanent, et c'est d'une violence indescriptible. Tu te bats contre le pire ennemi qui soit : toi-même.
Alors attention à ne pas confondre mental et volonté, on est dans le domaine de l'inconscient. A ce moment là si tu n'as aucune volonté c'est impossible. Quand je parle de mental ici je parle des mécanismes d'autodéfense du cerveau. Pour réussir à ce niveau, il faut travailler sur la volonté effectivement, mais la volonté de dominer son mental, casser les effets du "mode sécurité". On devient fou pour moins que ça... Et sans une aide psychologique c'est impossible.
Les plus grosses périodes de doute, de déprime, c'est vers la fin de ma rééducation que je les ai vécues. Quand j'ai compris d'où je revenais. Imagine toi pratiquement au sommet de ton ascension vers la sortie du gouffre. Plutôt que de te dire qu'il ne te reste que peu d'efforts pour arriver en haut, tu te retournes et tu flippes en voyant la profondeur du vide en dessous. Tu restes tétanisé, sans pouvoir aller plus loin. Et là tu as besoin d'un grand coup de pied au fesses pour arriver en haut. J'ai eu droit à 2 gros coups de tatane : mon père et mon meilleur ami :D
Aujourd'hui rien n'est gagné. Déjà parce que physiquement je reste très fragile. Une simple chute et tout peut rebasculer. Je vis avec cette peur de ne plus marcher de façon définitive. C'est un travail de volonté de tous les jours pour planquer cette peur dans un coin, et continuer à vivre normalement et rester positif sur l'avenir. Jusque là aucune solution médicale ne m'était donnée, il semblerait finalement qu'une opération pourrait me permettre de me consolider. Un peu d'espoir peut-être, mais ça me fait sacrément flipper. La seule solution que j'ai trouvée c'est de vivre au jour le jour, profiter un max des moments où ça va en voyant mes amis. Le conseil que je donne à Cachou, je le vis au quotidien.
Certains ici parlent de "Intouchable". Je l'ai vu et je l'ai trouvé magnifique ! Tout simplement parce rien n'y est tabou. Ce que j'ai beaucoup aimé c'est la relation entre les deux personnages. Aucun ne semble sensible aux difficultés de l'autre au départ. Chacun a pourtant son handicap. L'un a une très bonne situation sociale mais prisonnier de son corps. L'autre est parfaitement libre de ses mouvements bien que prisonnier de sa situation sociale. On a un effet miroir très saisissant, et donc très touchant. Il y a entre eux cette absence du "regard" dont je parlais plus haut.
"Tu peux rien faire tout seul ? Bah ok je vais t'aider". Pas d’apitoiement, pas de tabous ni rien. L'apogée c'est la blague de Drice : "pas de bras, pas de chocolat", et le sens de l'humour qui crée le lien si fort entre eux.
Le film nous montre de manière sublime que la meilleure façon d’accepter le handicap (le sien ou celui des autres), c'est de pouvoir en rire sans honte. Et ça c'est juste beau.
Très intéressant tout ces détails. ça me rappelle l'état de choc et les traumatisés de la guerre qui se mettent aussi en "mode automatique" (en plus dans ton cas y'a aussi le physique qui a trinqué, t'es vraiment repartis de zéro, respect). Tu sais qu'entre autre, j'ai appris avec le décodage biologique un aspect que tu nous décris là : lors d'un traumatisme, physique ou émotionnel (et là en plus les deux se cumulent chez toi), le cerveau se reprogramme, assimilant qu'une situation similaire = danger, et donc réagissant instinctivement si l'individu s'y confronte à nouveau (après un empoisonnement, impossible de manger sans de violente nausées, la gorge qui brûle, etc par ex).
La confrontation entre le physique et le mental, je connais aussi. La lutte contre l'inconscient qu'il faut reprogrammer dans le bon sens. Tu lui dis dix fois "mais non, c'est bon, t'inquiète pas y'a pas de danger" (et encore faut t'il d'abord comprendre pourquoi il réagit comme ça), et lui reste bloqué en mode "alerte rouge". En fait y'a pas mal de choses que j'ai traversés par le biais de ma thérapie qui me rappelle ce que tu nous dis là...
En tout cas respect pour tout ça, tu reviens de loin ! Et bon courage pour la suite !
Une dernière chose... Vous allez dire que j'ai les chevilles qui enflent, mais, comment dire... ce que j'aime chez les handicapés (une fois qu'ils ont acceptés leur handicap), c'est je trouves qu'on est globalement plus ouvert d'esprit, parce que notre maladie nous oblige à faire un profond travail sur nous même et notre rapport aux autres. Parce qu'on marche à la volonté et qu'on est limité, on se donne à fond dans ce qu'on fait, on vit pleinement. Pour nous, se faire plaisir pour être à 100 000% "en-vie" par exemple, c'est plus qu'une évidence, c'est une necessité (tandis que d'autres se posent encore la question et se noient dans le travail). Bref, on a beaucoup à apporter, et c'est dommage de nous mettre à l'écart XD Après j'dis pas, y'a d'autres routes pour évoluer (heureusement), et y'a aussi des handicapés qui restent malheureusement bloqués au stade "sans issue", mais les circonstances me semblent particulièrement favorables. (Voilà c'est dit maintenant jvais aller dégonfler mes chevilles XD)
(sans oublier les boulimies et anorexies qui depuis tout ce temps commencent à peine à être vraiment reconnues dans l'opinion générale, quand Madame Michtruc martèle que cette jeune fille devrait faire un régime ou au contraire manger plus)
Bref, je suis de tout coeur avec toi, et je t'admire pour tous les efforts que la vie te coûte!
(et ces looongs délais qui laissent sur le carreau en attendant, dans d'autres situations aussi genre caf, bourses d'étudiants, etc, ça m'a toujours dépassée et révoltée moi aussi, c'est dingue quand même...)
tout à fait. Merci pour ton soutien
Je ne parle pas non plus des efforts que doivent faire les enseignants pour s'adapter à un handicap qu'ils connaissent formellement mais sans avoir la moindre formation pour pouvoir aider un peu mieux ces enfants là.
Alors on se forme sur le tas, on fait de notre mieux, on se plante aussi et on se désespère de ne pouvoir faire plus ... car on ne sait pas faire assez bien ...
Sinon je plussois très fortement ta phrase comme quoi nous sommes tous handicapés à notre manière, chacun dans notre propre difficulté, notre manque ou notre déficit ...
En tout cas un grand bravo pour ton article :)
merci
Là dessus, aussi, les enseignants ont un métier extrèmement difficile et tout aussi important. Moi je dis bravo à tout les enseignants, il en faut du courage pour vous aussi
Je connais très bien la situation que tu décris pour la vivre au quotidien. Sans m'étaler, j'ai une malformation cardiaque et comme toi c'est un handicap invisible. Il est vrai qu'il est très difficile d'être reconnu par la société. J'ai vécu beaucoup de situations de discrimination. Par exemple, la foire organisée près de chez moi était dit "gratuit pour les handicapés". Lorsque j'ai présenté ma carte d'handicapé, le guichetier a refusé de me donner un billet en rétorquant que je n'étais ni en fauteuil roulant, ni aveugle.
Un handicap invisible est difficile, je le reconnais. Je vois le regard des gens qui ne comprennent pas qu'une jeune femme se gare sur une place handicapée sur un parking est souvent blessant. Parfois, ils y mèlent même des commentaires insultants.
Bref... je comprends vraiment ce que tu veux dire.
Par contre, je suis étonnée que tu n'ais pas le droit à une aide à domicile. Le conseil général me paie une aide à domicile deux heures par semaine pour m'aider à faire le menage et parfois les courses. As-tu essayé de voir avec une assistante sociale pour voir si tu n'as vraiment droit à rien.
Je te souhaite bon courage pour la suite.
hum sympa la mentalité du guichetier en effet "-_- Oui les commentaires méchants je connais ça lorsqu'on essaye de passer à la caisse handicapé, un truc de dingue (ce qui fait qu'on demande jamais à passer devant).
En fait oui, l'aide au ménage, j'y ai eut droit, c'est vrai je suis mauvaise langue XD sauf que ça fait 1 heure par semaines seulement et qu'il faut quand même payer la moitié. On l'a fait un temps, mais maman a finit par dire qu'elle passait plus de temps à passer derrière (faut avouer que niveau efficacité on en était bien loin). Et puis je crois qu'on y a plus droit, ça dépend de ton revenu, on passait juste et là on passe plus (genre à 10 E près XD).
J'ai mis beaucoup plus de temps à les lire que l'article. Il y aurait tellement à dire sur ce sujet... Alors d'abord bravo d'avoir réussi à en parler pour libérer la parole des autres. J'ai été particulièrement ébranlée par le témoignage de Krys qui décrit ses difficultés avec tant de force qu'on arrive à les vivre avec lui. Ca m'a amenée à la question du traumatisme mental qui n'est pas toujours pris en compte comme handicapant. Dans le même ordre d'idée, une femme qui aurait été violée et traumatisée au point de ne pas pouvoir supporter de se trouver en présence d'un homme (=> mécanisme de défense similaire) aurait-elle une quelconque chance de faire reconnaître ça comme une situation invalidante pour travailler ? Sans doute que non, trop peur des abus ensuite. Pourtant chacun vit différemment une situation traumatisante et je suis sûre qu'il peut exister de réels phénomènes de blocage.
Pour ce qui est du visible/invisible, la question se pose souvent entre parents d'enfants autistes : doit-on rendre le handicap visible ? Les comportements autistiques se voient mais ils ne sont pas identifiés comme tels. Un enfant qui "fait un caprice" tout le monde attend de voir les parents sévir. Sauf que l'autisme ce n'est pas ça. Alors certains parents ont utilisé des t-shirt, ce qui permettait d'amorcer le dialogue. Mais ça stigmatise aussi. Je pense que c'est pareil pour tout handicap, on aimerait que personne ne le sache quand le handicap n'interfère pas, mais quand il nous amène à agir différemment (comme prendre une place assise alors qu'on a l'air en pleine santé) on voudrait que les gens sachent que c'est pour ça. L'inconvénient pour les gens en fauteuil c'est qu'ils peuvent très rarement cacher leur fauteuil, ils sont donc toujours perçus comme handicapés. Et pour les autres, c'est qu'ils ne peuvent jamais le "prouver" (j'ai eu droit aussi aux regards désapprobateurs en me garant sur les places bleues, plus encore quand on me voit emmener ensuite un gamin qui braille et se débat vers le magasin "quelle mauvaise éducation. Mais déjà la mère fraude avec les places, il a de qui tenir").
Pour ce qui est d'assumer son handicap ou d'être dans le déni, c'est aussi une question pour les parents. Doit-on élever son fils à savoir qu'il est autiste pour comprendre sa différence ou l'amener à se percevoir comme le plus normal possible ? Une anecdote m'a frappée. On a fait tous les dossiers auprès de la MDPH, attendu les décisions, etc... Le jour où on a reçu la carte d'invalidité, je l'ai retournée, j'ai vu la bouille de mon petit garçon de 3 ans, étiqueté "handicapé" et j'ai pleuré au lieu d'être soulagée. Avec l'autisme on est dans du 80% de handicap. Obtenir le statut c'est avoir un certain nombre d'aides utiles, mais c'est aussi se dire "ça y est, c'est avéré, il vivra une vie à 20%".
Pour finir, je ne m'étendrai pas sur la polémique médicale mais avec l'autisme on est vraiment dans le cas où ce qui ne trouve pas d'explication visible est forcément psychologique. Raisonnement encore bien ancré à ce jour malgré des découvertes sur les IRM. L'autisme engendrant des problèmes psychiatriques (ce qui est normal vu l'incompréhension de la personne atteinte), il est difficile de faire le tri du premier entre la poule et l'oeuf. Comme avec le SFC et la dépression. L'un et l'autre s'entraînent et en sortant de l'un on lutte contre l'autre. De là, c'est facile pour certains de dire que tout est dans la tête et que "ce n'est qu'une question de volonté"
Bon courage à toi.
A là là c'est sûr que comme handicap invisible t'es servie toi aussi, avoir son enfant autiste c'est déjà un combat en soi je suppose, mais qu'en plus les autres croient qu'il fait un caprice ! j'y avais jamais songé. Je vais voir les gamins faisant leur caprice au supermarché d'un autre oeil maintenant !
Eh oui, assumer son handicap, à quel point ? Ce pourquoi d'ailleurs j'ai aimé ma réflexion (sans me vanter lol) sur le fait qu'on est tous handicapé, ça permet d'accepter sa difficulté et sa normalité sans les opposer.
Maman m'expliquait d'ailleurs l'autre jour qu'elle ne savait pas trop quoi me dire quand le diagnostic a été fait (javais 10 ans) : elle n'avait pas elle même compris tout ce que ça impliquait, alors fallait il me dire que j'étais pas comme les autres, ou pas ? Elle a eut une réponse intéressante je trouve : elle m'a dit qu'elle s'était mis à mon niveau, à m'écouter et me conseiller là où j'en étais dans mon acceptation/rejet.
Oui le coup des 80% ça m'a fait pareil (je suis moi aussi à ce "taux" là sur mon incapacité à travailler, ou je sais plus quel jargon exactement). C'est un drôle de truc. Comme si on pouvait mettre un chiffre !
oui, et je me surprend moi même à avoir de plus en plus d'humour à ce sujet. Je crois que plus j'accepte, et plus je suis détendue XD
Merci d'avoir pris le temps de lire ! Tu soulèves des questions très intéressantes : doit-ont faire reconnaitre à tout pris un Handicap invisible et qu'est-ce que cela implique ? Doit-on faire le
choix de tendre vers la normalité ou appuyer la différence au risque de favoriser la marginalisation ? Je ne pense pas qu'il y ait de réponse unique à cette question, mais que ça relève de ses
propres convictions et de sa propre vision, sa propre conception d'un type de handicap. J'ai vu des gens s'acharner à vouloir que leur fils soit normal à tel point de le surmener en stimulations en
tout genre. Et à l'inverse j'ai vu des familles se détourner de leur fille en la faisant admettre dans un service "spécialisé" car se sentant incapable de gérer un handicap énergivor et dévasteur.
Et puis j'ai vu des gens pour qui l'amour passait avant tout, qui ont réussi de véritables exploits en instaurant un lien incroyable, une confiance et une complicité qui repoussaient les limites du
handicap de manière vraiment bluffante !
Par rapport à l'autisme, je m'y suis beaucoup intéressé car confronté à des enfants qui en étaient atteints, je me demandais comment rentrer dans leur monde… Mon monde à moi c'est la musique, et je
suis un de ces fondamentalistes extrémistes de la musique comme élément thérapeutique majeur !
Dans le cadre de ma rééducation, mes médecins avaient demandé à mes parents de m'amener mes instruments pour que je puisse les pratiquer dans ma chambre. C'était à la fois dans une démarche de
rééducation physique et mental qu'ils avaient fait cette demande. Dès que j'ai commencé à rejouer, les infirmières sont venu me voir en me disant qu'elles voyaient des réactions positives chez les
patients les plus difficiles du services. Il y avait notamment un homme autiste d'une 40 aine d'année (il me semble), qui avait été admis dans le service car sa maman, déjà d'un certain âge, se
faisait elle même hospitaliser suite à une mauvaise chute.
Lorsqu'il était triste il se mettait à crier en demandant à aller aux toilettes, ou qu'on lui apporte un café. Il m'est arrivé plusieurs fois de sortir ma clarinette à ce moment là et de jouer
quelque chose de doux pour qu'il se calme quand les infirmières étaient débordées ^^
Ca marchait assez bien ! Et ça détendait même les équipes soignantes c'était tout bénef pour tout le monde !
Je pense que ce qu'il manque le plus, c'est de prendre le temps de se poser les bonnes questions, de vraiment essayer de comprendre l'autre. On vit tellement à 100 à l'heure qu'on ne regarde plus,
on n'écoute plus les gens qui nous entourent ; on se contente de les voir et de les entendre…
Je pense que la musique est un de ces modes de langage qui permette de créer un vrai dialogue. Quand les simples mots ne fonctionnent pas à remplir le rôle de dialogue, il faut se baser sur quelque
chose de plus sensoriel. Je ne dis pas que ça marche à tous les coups mais pour ce que j'en ai vu ça fonctionne.
Montrer ou non un handicap invisible ? Je me retrouve bien dans ce que tu dis : cacher le problème quand il n'interfère pas, le mettre en avant quand pas le choix…
En même temps là aussi tout dépend du handicap que l'on vit. S'il est clairement défini et diagnostiqué, c'est moins dur d'en parler. Quand on ne sait pas vraiment soi-même de quoi on souffre,
c'est très difficile !
Le trauma cranien a des conséquences très mal connues encore aujourd'hui pour la plupart des médecins. Et on est en 2011 ! Alors imagine ce que c'était en 1998. Comme les médecins ne voyaient rien
en imageries, ils s'orientaient volontier sur des diagnostiques psychiatriques. J'étais donc tour à tour schizophrène, spasmophile, épileptique, atteint de syndrôme de Munchausen…
J'avais pourtant déjà de gros soucis pour marcher, et me plaignais de mes cervicales. Une des plus belles ordonnances qu'on m'ait faite alors (j'avais 14 ans) : une crème pour l'acnée !!
Chaque diagnostique posé était naturellement faux, mais il fallait un diagnostique alors au diable l'avarice… Peu importaient les conséquences sociales que cela impliquait pour moi. Très peu de
médecins à l'époques avaient la compétence rare de me dire "je ne sais pas". En près de 14 ans, je n'ai entendu cette phrase prononcée que 3 fois.
En 2009, deuxième accident. Radio, scanner, IRM cervicales. Rapport des urgences : traumatisme cranien avec perte de connaissance, cervicalgie avec trace de lésions ancienne sur l'odontoïdes
(arrachement ligamentaire ancien)… L'état de mes cervicales est alors connu puisque visible noir sur blanc sur les derniers clichés. Et bien dis toi que la première personne que j'ai vu à mon
réveille était… un psy !
Pas évident donc pendant toutes ces années de parler aisément de mes soucis de santé. Je cachais ça un maximum. Je me planquais pour pas me faire virer de mon Lycée et pour réussir à passer mon Bac
(que j'ai eu !!). J'étais malade et donc potentiellement dangereux pour les autres élèves selon mon proviseur !
Ce n'est que depuis un an ou deux que mon combat pour faire reconnaitre mon vrai problème de santé porte ses fruits. J'ai du lancer des actions en justice pour ça, mais je ne regrette pas car mon
coup de pieds dans la fourmilière à fait bouger les choses. Je n'aurais pas pu gagner quelque procès que ce soit et je le savait. J'ai juste obtenu les examens dont j'avais besoin, c'est tout ce
que je voulais.
Mais assez causé de moi. Tout ça pour dire que chacun combat le handicap avec les armes qu'il a. Le gars en fauteuil roulant n'a pas le choix lui, il combat un certain regard quotidien mais son
handicap est pour ainsi dire incontestable. Pour la personne en situation de handicap invisible c'est bien plus compliqué… Pour vivre heureux vivons caché ? Pas sûr…
Dans tous les cas, si je peux à mon niveau vous donner un conseil : battez-vous ! Ne renoncez jamais même si c'est dur ! Ne vous laissez pas dicter votre vie par votre mal-à-dit (comme dirait Lael
^^), imposez lui VOS règles. Il est très facile de prendre son handicap comme justification à tout et passer à côté de plein de choses pourtant accessibles en disant : je peux pas je suis malade.
Limité ne veut pas dire impossible. Faites les choses à votre rythme, selon vos capacités du moment, imposez-vous des petits challenges réalisables et savourez le bonheur de parvenir à vos
fins.
Bonne soirée,
Krys
C'est vrai que si on prends le temps d'écouter vraiment son ressenti intérieur, ses désirs profonds, et qu'on accorde la même attention à l'autre, alors tout le monde ne peut qu'en être plus heureux. La musique peut être sûrement un bon moyen en effet, passer au delà des mots, dans le ressenti...
OMG, tout les diagnostiques qu'on a pu te faire ! et ton proviseur qui pensait que t'étais malade de la tête ! t'es passé par des trucs de dingues, vraiment oO
Et sinon c'est bien ça en effet, la maladie fait partie de nous mais n'est pas nous en entier. On est limité, mais entre être limité et ne rien pouvoir faire y'a tout un monde. En fait le truc important je pense, c'est d'ETRE ACTEUR de sa vie, et non passif.
*parlons d' ACCEPTER SA MALADIE* (ndr : je met ceci en évidence pour faciliter une recherche d'info dans cette longue discussion)
La notion de lutte acharnée, d'"imposer" sa volonté à la maladie ne me parait pas tout à fait exacte voire un peu dangeureuse : même si il y a une histoire de volonté, le principe est plus d'accepter -sans être défaitiste- et de faire avec ce qu'on a, plutot que de chercher à la supprimer -alors que ça fait parti de nous. Du moins je le vois comme ça. j'ai mis plus de dix ans à le comprendre, j'étais sans cesse en rejet justement. J'ai même eu des périodes dans une sorte de shizoprénie où la maladie devenait une part de moi totalement autre.
Et une fois, je ne saurais pas bien comment l'expliquer... j'en avais tellement marre que j'ai vraiment tout rejeté (je voyais cette maladie, cet "autre", comme un "mal" qui m'empoisonnais). Je sais pas comment j'ai fais, mais les conséquences ont été immédiate : je n'étais plus moi-même, totalement incapable de penser. Mon esprit fiuuutttt, parti. Je ne savais même plus qui j'étais... J'en parles toujours avec émotion parce que je n'ai jamais connu une telle terreur. C'était comme si mon esprit s'était volatilisé, et j'ai crû un moment qu'il ne reviendrait pas, que je resterais comme une coquille vide avec un corps qui fonctionne mais la tête ailleurs. Il ne me restait plus que des émotions de peurs animales. Bref, pire que la mort quelque part (je suppose que tu as du plus ou moins vivre des états similaires Kryska, et pendant si longtemps... je sais vraiment pas comment t'as fait pour pas devenir fou). Une expérience très très très bisarre (et traumatisante). J'en étais à me répéter à voix basse "je m'appelle truc, j'habite à bidule, je suis sur Terre" (oui c'est dire "-_- j'vous assure que ça fait un sérieux choc de s'entendre dire ça). Ma mère a finit par s'inquiéter (y'avais de quoi), et elle m'a dit "ça suffit maintenant". (sauf que j'avais pas du tout la sensation de contrôler quoi que ce soit). J'ai eut bcp de mal à "redescendre".Ma voix, bouger, essayer de penser... m'a aidé à me sentir à nouveau moi. mais j'ai quand même gardé cette sensation de ne pas être vraiment là. Je vous dis pas la soirée et la nuit de rêve XD
ça a finit par passer, et plus ou moins à ce moment là j'ai intégré, dans mon corps, dans mon coeur, parce que je l'avais vécu profondément, le fait que je ne pouvais pas rejeter ma maladie parce que je me rejetai moi même. Elle fait partie de moi et je n'ai d'autre choix que de l'accepter.
A ce moment là j'ai arrêté de me battre, et petit à petit, plutot que de la rejeter, je l'ai accepté en moi, je lui ai demandé pourquoi elle avait mal, je l'ai consolé -d'abord sur la défensive, puis de plus en plus avec sincérité. Maintenant j'ai compris, pour le vivre au quotidien, que chaque peur à un sens, que c'est un message, et je tends une oreille attentive, parce que c'est uniquement comme cela que j'arrive à être mieux.
(les bizarreries du net : ça ne me gêne pas trop de partager ce moment très intime avec vous, parce que je reste plus ou moins anonyme je suppose, mais par contre que ma famille puisse lire ça cela me fait très bizarre. Je dois avoir peur qu'ils me jugent, qu'ils me prennent pour une folle aux expériences mystiques/aux mensonges invétérés -à vous de choisir.)
Après pour ce qui est de se battre, je me rends compte que tu as été victime de cette "double peine" que subissent les autistes (et les parents au passage) à savoir devoir se battre contre le mal et contre les cons. La seule chose positive que j'ai trouvé dans ce combat est justement de pouvoir faire très vite le tri entre les gens qui valaient la peine et ceux qui ne méritent pas la salive qu'on gaspille à leur dire bonjour (je suis une tétue, je laisse longtemps leur chance aux gens en expliquant encore et encore, mais on voit vite qu'il y en a qui n'essaie même pas de comprendre : tu pollues leur petit univers parfait, ils préféreraient que tu n'existes pas). C'est pour ça, selon moi, que le handicap a une place fondamentale dans la société. L'accepter c'est être capable d'accepter l'autre, d'aller vers la différence, de la comprendre, de développer les seules qualités qui ont une vraie valeur : tolérance, compassion, entraide... Evidemment, c'est "facile" à dire pour les "valides" mais je pense que c'est important aussi de le savoir pour les handicapés. Contrairement à ce que la société leur fait croire, ils ne sont pas des poids, des boulets. En dehors de ce qu'ils sont capables de faire malgré le handicap et de la volonté dont ils peuvent faire preuve, leur seule existence est nécessaire à préserver une certaine générosité dans une société qui devient de plus en plus égoïste. Moi, je pense que les enfants qui vont à l'école avec mon fils auront un autre regard sur la souffrance, la leur et celle des autres, sur la différence... une plus grande possibilité d'aller vers l'autre. Je pense que leur âme sera bien plus riche que celle de certains de leurs parents (et les parents qui acceptent sont ceux qui ont déjà été confrontés à des épreuves dans la vie, et rien que leur regard devant l'école quand ils attendent leurs enfants, leur capacité à sourire, à s'émouvoir et à vivre, tout simplement, permet de voir leur richesse intérieure).
@ Lael : Je pense qu'il faut bien distinguer la volonté à opposer à un handicap qu'on peut vaincre/rééduquer et un handicap qui n'évolue pas. Un homme dans un fauteuil roulant peut avoir assez de volonté pour se mettre au sport en fauteuil et accomplir des exploits, mais il ne courra pas un 100m, ça il faut qu'il l'accepte. Un autre dans le même fauteuil roulant peut souffrir d'un handicap rééducable. Dans ce cas, il va en baver énormément, mais il pourra un jour courir un 100m. Même fauteuil, même handicap mais pas les mêmes causes. Le handicap de Krys était visiblement rééducable, ce qui demande un diagnostic correct, mais aussi une volonté hors-du-commun. C'est un peu pareil pour l'autisme. Maintenant qu'on a arrêté de croire que c'était un choix de l'enfant de se couper du monde, on comprend les difficultés neurologiques, on peut non pas rééduquer, mais apprendre à compenser le handicap social. Ca demande un investissement énorme. Il serait plus facile de dire "Mon fils est autiste, je le place en institut et je fais ma vie avec mes autres enfants" (combien de personnes bien intentionnées nous l'ont conseillé "pour le bien de la fratrie"). Maintenant, si tu souffres d'un handicap qui ne peut être "vaincu" il reste ce que disait Krys et je pense que c'est ce que tu fais : se mettre des défis à sa mesure et tirer sa fierté de pouvoir en venir à bout.
(Désolée pour la longueur, je me suis laissée emporter, pas le temps de relire, j'espère qu'il n'y a pas trop de fautes ^^)
les dents. Mais il existe sur Lyon pas mal d'associations bien sympa, du genre Docteur Clown. Des amis musiciens y ont participé il y a quelques années et l'expérience a vraiment bien marché. Le
problème est que chaque projet est ponctuel, reste anectotique.
La "double peine" que tu mentionnes je l'ai effectivement vécue mais je crois qu'elle a été encore plus difficile pour mes proches. Eux se souviennent absolument de tout ce que j'ai traversé dans
les détails, moi non.
Effectivement le handicap a ça place dans la société. Personnellement il m'a ouvert les yeux sur les autres, je pense qu'il me permet de voir la vie différemment, d'être plus sensible aux gens qui
m'entourent.
Effectivement les gens qui prennent le temps d'apprendre à vivre aux côtés de ton fils vont apprendre une belle leçon de vie, et nul doute qu'il l'a transmettrons à leur tour, chacun à sa manière.
Il ne faut pas souhaiter à ces gens dont la vie semble si parfaite le quart de ce que l'on traverse, la moitié ni survivrait sans doute beaucoup moins bien que nous. Souhaitons simplement qu'ils
ouvrent un peu les yeux… et en attendant qu'ils fasse leur vie sans nous pourrir d'avantage la notre ce sera un bon début :p
@ Lael : je ne dis pas qu'il faut renier en bloc son handicap. Juste que la tentation est grande de se cacher derrière, de rester en stand by, de s'abandonner à lui. L'exemple des deux handicapés
en fauteuil est très bon. Y en a un qui s'en sortira et remarchera, l'autre non. Pourtant la vie d'aucun des deux n'est foutue temps qu'il se bat. On peut faire beaucoup de choses en fauteuil, la
preuve ici :
http://www.youtube.com/watch?v=7NJvgT60-mk
Y a forcément du monde qui trouvera ce gars complètement taré. Pourtant il donne de l'espoir à beaucoup de paras et montre une autre image du handicap : "ok je suis en fauteuil, mais dans le
domaine du free ride je rivalise avec les valides… voir même je les enterre !". Voilà le message que je comprends ici ! Il me semble qu'il a monté une école ou que c'est en court. Toujours est-il
que dans cette jungle urbaine hyper bien adaptée au fauteuil (loool), savoir monter ou descendre des marches c'est important ;-)
Alors bien sûr il ne va pas vous dire de tenter le backflip dans l'escalier de l'immeuble, mais il montre qu'on peut se demerder plutôt bien dans la vie de tous les jours avec un peu
d'entrainement.
Ce que je voulais te dire, c'est que quoi qu'il arrive, quelque soit notre situation physique, il ne faut jamais abandonner. Ce n'est même pas une question de handicap rééducable ou pas, c'est une
question de santé mentale. Ne pas se cacher derrière le handicap, ce n'est pas le renier. C'est un peu comme lui dire "tu es là je sais je ne t'oublie pas, mais fais-toi tout petit parce que moi
j'ai une vie à vivre. Tu seras sûrement toujours à mes côtés, peut-être derrière comme un vague souvenir, mais jamais tu ne passeras devant pour me guider !"
Je ne dis pas que ça marche pour tout le monde, c'est juste ma philosophie perso et elle fonctionne pour moi donc pourquoi pas pour d'autres ?
On ne peut pas non plus mettre de côté la souffrance de ceux qu'on aime. Je crois que quelque part, les parents se rendent souvent coupables de la souffrance de leur enfant. Ce n'est pourtant pas de ta faute si ton fils est autiste. Et puis il faut subir les "bons conseils", les "vous ne faites pas ce qu'il faut", et les remarques, reproches en tous genres. Aussi fort que l'on soit dans sa tête, ça fini toujours par atteindre et blesser profondément. La société vous culpabilise, vous les proches, plutôt que de vous aider à nous aider. Vous en prenez bien plus que nous dans la figure, et vous gardez tout pour vous, pour nous protéger un maximum. Ce n'est pas la même souffrance, mais elle est tout aussi dévastatrice (voire plus) que la nôtre, et plus dure encore à combattre.
C'est magnifique ce que tu fais pour ton fils. Simplement, ça me rappelle une question posée pendant l'émission sur le bonheur sur France2 dont parle Lael :
Tu es dans un avion avec ton fils. Il y a un problème de dépressurisation et un seul masque à oxygène tombe à ta portée. Que fais-tu ?
La plupart des gens ont répondu qu'ils mettraient le masque à leur enfant. La bonne réponse étant de partager le masque, ce qui nous permet de tout mettre en oeuvre pour protéger l'enfant. Ça m'a marqué. Parce que bon nombre de parents pensent le fait de prendre soin d'eux-même comme étant de l'égoïsme envers leur enfant, d'autant plus s'il est handicapé... Pourtant vous avez tous les deux besoin d'oxygène !
Prends soin de toi.
Krys
Oui, il m'arrive de laisser ma place parce qu'une personne a une petite mine : l'hypotension, je connais, mais c'est vrai que je pensais pas plus loin.
Merci de ton témoignage.
de rien ! Merci de ton com. Je vois que tu ecris pas mal et arrive à être publiée bravo ^^
(et désolé pour le temps de réponse :s)
J'ai envie de dire que le regard des autres est effectivement parfois (souvent) difficile à "recevoir" parce que je ne veux pas de pitié... mais d'un autre côté, je n'ai jamais eu autant de sourires/bonjours de la part de personnes inconnues qui me croisent que depuis que je suis en chaise (sans doute parce que quand les regards se croisent, elles ne savent pas trop comment réagir, mais autant un sourire).
Admettre que je suis malade et handicapée, oui, même s'il m'a fallu des années avant de me dire "handicapée", mais accepter la maladie, non, jamais je ne l'accepterai ; je suis juste contrainte de vivre avec ;-)
c'est vrai que j'ai tendance à sourire quand je croise une personne en fauteuil roulant. En fait par moment je me dis 'fait comme si c'était n'importe qui, y'a pas a adopter un comportement particulier' - mais c'est pas simple. Par moment aussi j'évite de regarder j'avoue, parce que ça me ramène à la crainte d'être moi aussi en fauteuil un jour. Et puis j'ai finit par me rendre compte que le plus simple c'était de sourire XD D'ailleur à l'émission sur le bonheur l'autre jour ils disaient qu'un bonheur même forcé était communicatif, et qu'il vallait donc mieux se sourire que de bouder.
Merci de ton com !
(désolé pour le temps de réponse "-_-)
je suis touchée et émue par ce billet...je vais faire court malheureusement je n'ai pas bcp de tmps, je suis moi meme de ces "handicapés invisibles"..ex agoraphobe egalment, mais surtou depuis, diagnostiquée asperger "compensé"par un hqi, je comprends bcp mieux totues ces diffucltés à comprendre le groupe en général. Le souçis c'est que parmis mes enfants aujourd'hui, 2 souffrent de troubles comme maman..et je n'ai pas que des avis chaleureux, des aides..(meme si on a de la chance chez eux c'est très minime, c'est suffisant pour creer des souçis d'adaptation à la "norme" scolaire...)..je suis moi meem a la recherche d'un nouvel emmploi après avoir été licenciée sans plus de discussion a cause de mes difficultés, et ne retrouve plus ma place.
Je ne sais que penser..comme toi je me suis dis un moment "regardez, je sais enfin pourquoi j'ai tant souffert (et suis si fatiguée de compenser"(attaques de panique et agoraphobie)...je suis aspie"..mais en fin de compte, ca semble se retourner contre moi..les employeurs potentiels font tout sourire devant moi et ne me recontactent..pas.
Un salarié handicapé oui peut etre..mais avec un truc qui ne se voit pas, dans la tete en plus...bof.
Alors qu'avec mon handicap j'ai des "aptitudes spécifiques" qui leur feraient gagner tant de temps (rapidité informatique, mémoire, qi très sup pour analyse..)mais juste des deficiences "sociales" faciles à eviter.
Ça ils ne le voient pas...ils ne veulent pas me laisser l'occasion de faire mes preuves...
Courage à toi, à nous. Merci pour ce billet!
Merci pour ton témoignage Sany. Je n'ai pas encore eu le "bonheur" de me conforter au monde du travail mais ça doit pas être simple tout les jours c'est sûr. J'en ai discuté parfois avec ma maman (puisqu'elle aussi est handicapée), et elle me dit que ça peut être un plus si on peut montrer les atouts qu'on a dans notre manche. Apparement tu as bien conscience de tes atouts. Après c'est sûr, il faut aussi que l'employeur en face entende ce que tu as à dire et dépasse son à priori.
En tout cas bon courage et bonne continuation !
(et désolé pour le retard de ma réponse :s)
voilà qui est très gentil. N'hésite pas à diffuser cet article !
J'ai découvert ton article grâce à une amie à moi, et je voudrais te remercier, car il dit exactement ce que j'avais besoin d'entendre. Merci! Non seulement tu écris vraiment bien, mais en plus tu notes tout avec justesse.
Personnellement je souffre d'une dépression (j'ai mis plus de trois ans à me rendre compte que non, je n'étais pas juste déprimée, et que non, je n'allais pas m'en sortir avec un peu de volonté). Et bien que j'aie déjà eu un aperçu de la difficulté des handicaps à travers l'expérience de quelques amies, j'ai maintenant durement appris la leçon moi-même. Le plus douloureux n'est même pas ce que les autres gens peuvent penser de nous (j'ai l'habitude d'ignorer ce qu'on peut penser de moi), mais plutôt de voir ses proches doucement dériver loin de soi.
Bref, merci pour cette bouffée d'air frais. Merci pour ton optimisme!
Eh bien merci à toi, je suis ravie d'avoir pu t'apporter un petit quelque chose ! Et surtout bon courage ! Un dépression c'est toujours très long, on a vite l'impression d'en voir jamais le bout. Mais je commence pour de bon à sortir de la chrysalide alors je peux te l'assurer, c'est possible !
J'ai un proche handicapé invisible, un handicap dû à une malformation cardiaque, et c'est vrai que les regards de travers des personnes qui le voient sortir d'une voiture sur des deux pieds alors qu'il est sur une place pour handicapé m'ont fait prendre conscience de la difficulté du handicap invisible - moi qui n'avait jamais été confrontée aux situations de handicap avant de connaître cette personne. On se prend une belle claque, salutaire.
Merci pour ce beau billet.
de rien ! c'est tout à fait exact que la grande difficulté là dedans c'est qu'à moins de vivre soi même ce handicap, ou d'avoir une personne très proche avec qui on partage sont quotidien, c'est vraiment dur de se rendre compte de la difficulté de la personne.
Je me suis beaucoup retrouvée dans ton billet. Je souffre de SFC aussi, et de fibromyalgie, depuis 14 ans maintenant. Et comme en plus j'ai des tas d'allergies + une intolérance médicamenteuse, je ne peux rien prendre : ni antalgiques, ni les médicaments neurologiques qu'on donne à petite dose, normalement, aux fibromyalgiques.
Les premières année ont été les pires. Pour être reconnue handicapée, il aurait fallu que j'accepte d'être étiquettée malade psy, alors que ce sont les synapses, les nerfs, les muscles qui sont atteints. J'ai refusé, bien sûr. J'ai été reconnue travailleur handicapée à cause de ma colonne vertébrale abîmée (suite à des accidents) mais les médecins me disaient : "votre cerveau fonctionne, vous pouvez effectuer un travail intellectuel" sans comprendre que j'avais des difficultés à effectuer le déplacement jusqu'au lieu de travail, à demeurer longtemps assise à un bureau à effectuer la même tâche, à assurer des horaires réguliers et constants, et même à effectuer certaines tâches intellectuelles régies par l'hémisphère gauche (j'ai beaucoup perdu au niveau mathématique, scientifique et acquisition de nouvelles connaissances relevant de ces domaines).
Le parcours a été si difficile et physiquement douloureux (avec des médecins de la sécu qui m'ont réellement torturée en appuyant comme des brutes sur mes points de souffrance, au point de me tirer des larmes) qu'au bout des 5 ans, je n'ai pas fait la demande de renouvellement.
J'ai changé mon rythme de vie, renoncé à être comme tout le monde, même si je dois m'y astreindre quand même un peu, ne serait-ce qu'au niveau des horaires d'école de mes enfants (très incompatibles avec mon propre biorythme). Grâce à mes proches : mon compagnon qui nous fait vivre avec son salaire (le peu que je ramène à la maison étant très insuffisant), mes parents qui m'aident chaque fois qu'ils peuvent... J'ai réussi à atteindre un équilibre, à vivre avec la maladie, mais cet équilibre reste fragile. Il m'est déjà arrivé à plusieurs reprises de convulser derrière mon stand, en plein salon du livre. Pas glop.
Par chance (ou du fait de mon caractère ?), j'ai réussi à ne jamais faire de dépression.
Le plus pénible à vivre, c'est cet épuisement constant, cette impression de se traîner dans le corps d'un vieillard cacochyme alors qu'on voudrait sauter et danser et briquer sa maison et construire des meubles et déplacer des montagnes. C'est d'éprouver parfois le sentiment que sa vie est finie ou presque alors qu'on est encore jeune. Tous les rêves de voyages auxquels il faut renoncer parce qu'ils seraient trop épuisants. Le monde "explorable" qui rétrécit constamment autour de soi. Certains jours, même ma maison me semble trop grande pour moi. Rien qu'envisager d'aller à l'étage ou dans la cuisine m'épuise par avance. Du coup, quand je me sens vaillante, je cuisine beaucoup et je me prépare plein de portions que je congèle, comme ça je peux manger quand même les jours où je suis trop épuisée (parce que le midi, en semaine, je suis toute seule, les enfants sont à la cantine et mon homme au travail, donc je ne peux demander d'aide à personne). Et parfois, même ça est au-dessus de mes forces alors ces midi-là je ne mange pas. Ou alors des biscuits que je garde sur mon bureau au cas où...
Quand je suis en crise, je ne peux même pas supporter les vêtements du monde moderne, ils me font mal. Je suis devenue accro aux peignoirs en polaire, du coup ;)
Je n'ai plus pu conduire pendant plusieurs années. Maintenant j'y parviens de nouveau mais c'est une aventure à chaque fois. Et avant un long voyage, je dois me reposer pendant plusieurs jours; Ce qui est très flippant c'est de sentir la crise arriver alors que je suis au volant. Heureusement il y a presque toujours moyen de s'arrêter sur le bas côté, le temps de récupérer un peu.
Mais je tiens surtout à la volonté, oui.
La gnaque. La rage.
Et la musique ; sans musique, je serais incapable de conduire longtemps.
Enfin voilà, c'était juste pour échanger un peu sur le sujet du handicap invisible ;)
Bisous !
Waw, sacré témoignage ! Merci de ce partage !
C'est sûr que le monde de la médecine aussi à énormément de travail à faire sur la prise en charge des handicaps. Malgré leurs connaissances ils sont souvent tout aussi démunis et/ou bornés dans leurs certitudes que la plupart des gens.
Que te dire à part bon courage ? Enfin apparement ça va tu en as sous le pied !
C'est quand même marrant (mais totalement logique dans le fond) que le monde artistique est vraiment un moyen d'expression (et de soutien, de guerison même) fondamental pour les gens malades (et en souffrances de manière générale). J'en viens à croire que la SFF est particulièrement plébiscitée (et ça ne m'étonnes pas).
Je pense que je parlerais dans les mois à venir d'un livre vraiment formidable sur une 'thérapie' qui nous aide à retrouver les clés de la guérison en nous, mais c'est plus que cela, c'est une façon de voir le monde... c'est difficile à raconter ! Cela s'appelle "Ho'oponopono, le secret des guerisseurs hawaïens". C'est le même principe que le Décodage Biologique (cf les commentaires précédents... et que bien d'autres théories) mais ça va plus loin et c'est très simple en fait. J'espère que je trouverais les mots pour en parler "-_-
Bon voilà, comme j'étais venu partager avec vous il y a quelques temps, je viens vite fait vous faire un petit coucou et donner des news.
Et vous savez quoi ? Après 14 ans de galère, 2 trauma crâniens invalidants et des flots d'âneries déversées par la médecine, j'ai trouvé un excellent chirurgien qui est intervenu au niveau de mes cervicales. Je me sens déjà beaucoup mieux, et j'avais envie de vous le dire, tout simplement :-D
Là l'idée c'est que je porte un collier cervical rigide pendant 3 mois (déjà un de fait !), et éviter la voiture et les transports en commun le temps que tout se consolide quoi. Tiens, le truc rigolo : vais avoir une belle cicatrice de 20 cm partant des épaules jusqu'à la base du crâne : témoin visible de la fin de tant d'années de handicap invisible…
Le dernier truc qui me fait un peu peur, la dernière zone d'ombre, c'est à savoir de combien de degrés je pourrai tourner la tête : simple perte de l'ordre de 30% de rotation ou plutôt dans les 50%. Bouarf, on verra bien !
Je me sens déjà beaucoup plus costaud qu'avant l'intervention, en balade, je cours devant mes potes ils n'ont pas l'habitude de me suivre les pauvres :-)
Plein de courage à vous tous ! Bise Krys
Supers nouvelles ! merci de partager ça avec nous !
et bon courage pour la suite
Oui ça va très bien maintenant. Depuis début juin je suis des séances de rééducation de jour en centre de kiné juste à côté de chez moi.
Pour ce qui est de la rotation de la tête, je peux tourner comme avant l'opération (ni plus ni moins), donc limité mais pas de perte supplémentaire de ce côté là. L'avantage là dedans c'est que je n'ai plus de douleurs ni de fatigue.
Bon ok c'est raide, il faut apprendre à faire travailler d'autres muscles et articulations pour la rotation (C1 et C2 étant fixées), renforcer tout ça pour obtenir un bon gainage autour de la colone tout en acquérant de la fluidité et de la souplesse dans le mouvement… Y a du boulot mais ça me parait franchement pas compliqué ^^
Depuis une semaine ou deux je reprends tranquillement le volant. Comment ça fait du bien de partir en vadrouille à la campagne !!!
Donc voilà pour résumer le mot qui va bien en ce moment c'est "mobilité" !!!
Ah tiens juste pour rigoler : je suis convoqué dans une semaine par un médecin mandaté par mon assurance afin de déterminer mon taux d'invalidité :P
Comme j'ai pas le choix je vais y aller hein. Mais ça me fait rire : c'est maintenant que je me suis fait opérer et que je vais 10 fois mieux que les gars se réveillent genre : "faudrait peut-être passer les tests dans ce sens"… Ah bah oui tiens des fois que ça servent plus à rien ! :D
Vous fais plein de bises et vous envoie plein de courage ! Krys
c'est sûr que le temps qu'ils réagissent... heureusement qu'on ne les attends pas pour nous sortir de là !
en tout cas je suis ravie pour toi, voilà de bonnes nouvelles ! bon rétablissement alors :)