Soleil vert

Publié le par Lael

18463477.jpg-r_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20051209_051503.jpg1973

Titre original : Soylent Green

 

Réalisé par Richard Fleischer, Avec Charlton Heston, Edward G. Robinson, Leigh Taylor-Young...

 

SF / Thriller

 

En 2022 les hommes ont épuisés les réserves naturelles et se retrouvent à manger des pastilles sans goûts de différentes couleurs, le tout dernier produit étant le Soleil Vert. Dans ce contexte terrifiant un policier mène l'enquête.

 

Le challenge [fin du monde] in the movies m'a donné le courage de voir ce film qui m'attend depuis longtemps. Oui, du courage, parce que je craignais cette dystopie noire où l'homme n'est qu'une marchandise comme une autre. Et j'avoue avoir été agréablement surprise !

 

Challenge-fin-du-monde-cinema-v1

Certes, je m'y étais préparée mentalement, et je vous conseille de même à vous mettre deux choses en têtes avant de le voir :

- l'époque bien sûr, ce film date de 1973 et est bien le reflet de son époque dans la façon de tourner, les longues scènes presque théâtrale qui n'en finissent pas, le design kitsch et les "pétoires" des flics.(et les filles qui sont réduites à hurler, sauf deux personnages féminins, mais qui ne sont pas assez mis en valeur)

- la dystopie ensuite. Ce terme définit une société répressive et dictatoriale, organisée et réglée comme du papier à musique. Donc l'ambiance est sombre et pessimiste.

 

Une fois que j'ai intégré ces deux éléments dans ma ptite tête, j'ai donc découvert ce film avec plaisir. Si le scénario ne casse pas des briques et les personnages m'a foi, sont dignes de leur époque, j'ai été émue par ce regard du futur qui regrette notre monde si beau, désormais réduit à l'état de mythe et de rêve.

 

C'est bien sûr le personnage du vieux, l'ami du flic, qui va tenir ce rôle haut la main pendant tout le film. Le flic n'a rien connu d'autre, et ne sachant pas ce qu'il rate, profite au maximum de ce qu'il peut chaparder à gauche et à droite pour améliorer l'ordinaire, et est heureux comme cela. Le vieux lui se lamente sur le passé perdu. Ainsi l'une des scènes fortes sur cette dualité, c'est lorsque le flic ramène pleins de bonnes choses au vieux. Pensez donc, des légumes ! de l'alcool ! il n'a pas vu ça depuis des années et en est fortement content bien entendu. Puis il voit une pièce de boeuf, cerise sur le gâteau. Et cette fois ci c'est trop, il fond en larme. "comment en sommes nous arrivé là ?" dit il simplement. Et là mon coeur s'est serré... "c'est comme quand j'étais gosse" dit il à un autre moment. "tout le monde s'en fou personne ne tente rien". 

Dans une autre scène encore le flic coupe la parole au vieux qui radote encore sur le bon vieux temps. "dans ta jeunesse les gens étaient bien mieux que maintenant" dit il sans y croire. Pour lui tout ça n'est qu'une légende, une histoire au coin du feu. Le vieux le reprend : "quelle idiotie ! les hommes ont toujours été moches ! Seulement le monde était beau".

 

Bref toutes ces répliques m'ont interpellé. Comment ne pas le mettre en parallèle avec la situation écologique si urgente de notre belle Terre et la moitié de la planète qui se contente de jouer l'autruche ? J'ai trouvé le message de ce film d'un impact très fort et cruellement actuel.

 

Et puis le flic ouvre les yeux sur le monde qui l'entoure. Sur ces femmes considérées comme du mobilier... Tout ces gens qui dorment dans les escaliers, entassés partout (à ce niveau l'image est présente plusieurs fois, dans un effet hypnotique glaçant). Des gens encore dans les interminables files d'attentes pour avoir du Soleil (là cela m'a fortement rappelé le meilleur des mondes d'Huxley).Des gens qui, lors d'une émeute, sont ramassés à la pelleteuse, "les dégageuses". La mécanique inhumaine est là, finit par se manifester dans une usine démoniaque dantesque à la tâche encore plus glauque (même si j'avais du mal à me concentrer sur ces longues scènes qui me rappelaient bien trop "l'aile ou la cuisse" ! )

 

Je connaissais la "chute" de l'histoire, ce qui m'a gâché un sentiment, je suppose, d'effroi et de dégoût. Le spectateur est amené à avoir la sensation de chuter, de tomber, au propre comme au figuré. Cette fin reste ouverte, elle est cruelle pour lui et le laisse, là, blessé sur le sol, se demandant ce qu'il vient de se passer. 

 

Le générique de fin l'invite inévitablement à repenser au moment le plus fort du film. Ce moment au Foyer était magnifique, j'en ai eu les larmes aux yeux. S'il doit me rester une scène du film, c'est celle là, symbole d'une prise de conscience autant pour le personnage principal que pour le spectateur.

Immanquablement aussi il y a un effet de mise en abîme. C'est la fin du film. Pour le spectateur, et son univers en apparence immortel, est ce aussi la fin ? Quant on voit l'état de notre planète, on peut avoir un doute...

 

Un film-choc, pessimiste et sombre, qui a su me toucher 4/5

 

attention spoiler : j'aimerai mourrir ainsi... c'est une bien belle mort je trouve.

 

Autre critique : guillaume (traqueur stellaire), cachou, vance

Commenter cet article

Cachou 05/07/2011 22:24


Oui, effectivement, il semble beaucoup t'avoir marqué. Le personnage du vieil ami est un peu ce qui permet de respirer dans ce film, sans lui, on étoufferait peut-être à cause de sa noirceur.


Lael 05/07/2011 23:55



tout à fait !



Vance 29/06/2011 12:07


Je dois revoir ce film dans la semaine, évidemment dans le cadre de ce Challenge. Mais je le connais presque par coeur et j'ai donc apprécié ta critique.


Lael 01/07/2011 22:57



cool ! merci :)