Nano épisode 3 : trouver son rythme et accepter les aléas du quotidien

Publié le par Lael

En théorie, il faudrait écrire une moyenne de 1800 mots par jour pour gagner le défi du Nanowrimo. Mais y'a la théorie... et la pratique. Beaucoup d'écrivains disent écrire tout les jours, ou le faire au maximum, même si c'est seulement trois lignes. En pratique, c'est à chacun de trouver son rythme. Dans mon cas, même si j'ai connu des périodes denses d'écriture où c'était quasi tout les jours, je n'ai pas encore trouvé mon rythme. Je crois que cela dépend autant de sa personnalité, que de son état du moment, et du projet d'écriture.

J'ai découvert avec le Nano qu'écrire tout les jours ne me correspond pas en ce moment et/ou à ce roman. En effet Makoto demande son temps de maturation, ce pourquoi j'ai calé après mon départ et connu un blocage comme je l'expliquais précédemment : c'est plutôt logique au vu de la complexité des intrigues qui se mêlent, du nombre de personnages, et du choix de retranscrire une période historique dans laquelle je puise abondamment (je dois sans cesse m'y référer et faire des choix du degré de respect de tel ou tel élément, sachant que mon point de départ uchronique est très proche de la ligne temporelle que je raconte, ce qui laisse moins de marge de manœuvre que si c'était 100 ans ou 1000 ans avant).

Au vu de mes précédentes semaines, je crois que mon rythme est d'environ tout les deux à trois jours, deux heures d'écriture minimum. Mais ça, c'est sans compter les aléas du quotidien. Dans mon cas, avec ma situation de handicap, j'ai une petite santé et une petite énergie, et ma journée se résume la plupart du temps à un seul «extra» en plus des besoins primaires. En prime, je suis dans une grosse période d'insomnie (déjà au quotidien, mais encore plus un calvaire récemment). Hors lorsque mes neurones me lancent des Mayday désespérés en manquant de me faire verser du liquide vaisselle au lieu de l'huile dans la poêle à frire (véridique !), ou/et que je suis submergée par mes émotions, il m'est impossible d'écrire.

Donc cette semaine a été très chaotique. Je n'ai pu faire pleinement qu'une session d'écriture (1480 mots) à quoi je rajoute les mots de mon synopsis sur lequel j'ai bien travaillé. Parce que, outre l'épuisement expliqué ci dessus qui m'a empêché d'écrire, j'ai été au Blogger Day du Depot Imaginaire à Lyon samedi, chouette rencontre entre blogueurs/booktuber/auteurs/editeurs, même si je suis quelque peu arrivée après la fête à cause de mon sommeil (frustrant). J'ai eu aussi la merveilleuse nouvelle d'une future parution, et je me suis donc occupée des corrections (hop une journée de moins. Cela dit ça fait quelques mots de plus en comptant les deux paragraphes ajoutés à ma nouvelle, et bien sûr je ne me plains pas !).

J'ai aussi subis l'assaut de mes autres besoins «vitaux» : m'occuper d'annoncer la nouvelle ici et sur les réseaux, écrire pour mon blog, et dessiner (ça c'est comme une envie de femme enceinte, c'est irrépressible, et maintenant ou jamais). Car si l'écriture est vital pour moi, et que je déprime complètement si je n'écris pas (ou si «ma relation amoureuse» avec mon bouquin se passe mal), j'ai aussi besoin de dessiner, besoin de bloguer et partager, besoin de me divertir. Mon énergie étant limitée à environ 1 «extra» par jour, les jours passent donc vraiment très (trop) vite.

Difficile de ne pas culpabiliser «ahh mais je n'ai toujours pas continué mon roman ! Et le Nano en prime arggg ! ». D'autant que je pense à mes personnages bien sûr (au besoin j'ai un Shinsengumi d'Hakuouki en fond d'écran de smartphone comme piqûre de rappel). Ils ont hâtes de s'exprimer, de continuer leur périple, et moi j'ai hâte de continuer ce chemin avec eux. je dois juste accepter, qu'au delà de l'objectif et de l'idéal d'un rythme régulier d'écriture, que c'est un art en mouvement qui a besoin de temps, et passant par une personne, non un être mécanique. 

C'est parce qu'on est écrivain de chair et de sang que l'on peut raconter des histoires pleines d'émotions et d'inventivité, et on ne doit pas oublier que notre humanité, qui est notre plus bel atout, est aussi parfois une contrainte exigeante. Alors il nous faut composer et accepter les aléas de notre instant présent, et profiter de chaque instant, que nos personnages soient dans notre cœur alors qu'on fait autre chose, ou que nous communiquons intimement avec eux à travers les mots.

Publié dans ecriture

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