Nano épisode 1, joies et peines de l'écriture

Publié le par Lael

Nano épisode 1, joies et peines de l'écriture

Si vous avez loupé l'info, ce mois-ci c'est le défi d'écriture au nom imprononçable. Première participation pour moi, avec le but officiel de faire avancer (et j'espère finir) mon roman Makoto. Cela fait une semaine que cela a commencé, il est temps d'un premier point, et d'une conclusion implacable : ma muse n'en fait qu'à sa tête !!

Il faut comprendre déjà que j'ai beaucoup procrastiné en écriture ces derniers mois, trouvant toujours des excuses, et au final, par simple peur de "l'après". Dans ma tête, plus où moins consciemment, tournait en boucle : "comment trouver des betalecteurs ? est-ce que je vais gérer émotionnellement les retours critiques et les corrections ? et supporter l'attente d'un retour de l'éditeur ? est ce que je ne perd pas mon temps ?" etc etc.

Oui c'est aussi ça écrire, c'est douter, flipper, ne plus savoir où on en est.

Le nano est donc l'occasion rêvé de dépasser mes craintes et de me motiver grâce à un défi commun. J'ai saisis l'opportunité, et je ne le regrette pas du tout.

Les premiers jours, j'ai ré-apprivoisé la "bête", et l'habitude de m'y mettre tout les jours -ce que je n'avais pas connu depuis des années. J'ai retrouvé pourquoi j'aimais écrire, avec des surprises qui se sont dévoilés au fil de ma plume, en me laissant première spectatrice à me dire "je veux la suite !". Euphorie et rigolade tellement j'étais heureuse ! Parce que il y a un moment où, lorsqu'on arrive à lâcher prise suffisamment, tout ce qu'on réfléchis, tout ce qu'on écris, toute la documentation qu'on lit, pour un projet, tout ça, s’imprègne à un niveau inconscient dans notre cerveau, et cela nous ai ensuite servis sur un plateau si on sait être à l'écoule !

Statistiquement, cela a donné ceci :

- de la nuit du 31 au 1er :  2h30 de relecture de tout ce que j'avais déjà écrit + une scène

- soir 1er novembre : 844 mots (10 000 sec) en 4h pour un passage assez pénible à écrire pleins d'explications qui m'ont fait fumer le cerveau

- soir 2 novembre : 1576 mots en deux heures, soit une rapidité doublé par rapport à la veille, grâce au "syndrome du terrain défriché" (plus vous refaite une activité rapidement entre deux séance, plus c'est facile car la "forêt" n'a pas eut le temps de "repousser" entre temps.)

- soir du 3 nov : en deux heure 30min, 1819 mots

Et là, ce fut le drame. Le 4 je n'ai pas écris une ligne, j'étais HS. Et le 5 nov... angoisse complète, syndrome de la page blanche.

Sachez que j'ai toujours eut la chance d'avoir une inspiration débordante, la page blanche je ne l'ai quasiment jamais eue, en tout cas, pas à ce point. Parce que pourtant, je sais en gros où je vais et quelles seront les prochaines étapes. Mais c'est le bug.

Au début j'ai crû que c'était ma procrastination qui me reprenait. Alors je suis quand même allé au charbon, et le 5, j'ai fait une mise à jour de mon synopsis de travail, j'ai relus, réfléchis, corrigé un passage me permettant d'engranger trois pauvres petits paragraphes d'écriture supplémentaire sur mon quota (50 000 mots en un mois, c'est le pari. Je l'avais divisé en deux pour ne pas me mettre la pression, et vu que j'avais super bien écris les premiers jours j'avais espéré y arriver, et là, quelle déception !).

Je me suis prise la tête avec la chrono de mon roman, je l'avais faite pourtant, actualisé au fur et à mesure, mais stupeur (et tremblement), il ne me suffit pas de savoir l'année, il va falloir que je date tout au mois près (sinon on passe de l'été à octobre en une journée hein, je sais bien qu'il y a des voyages dans le temps mais quand même).

Et la suite, le chapitre suivant de là où j'en suis ? Non toujours rien, le vide.

Certes mon histoire n'aide pas : c'est vraiment complexe parce qu'il y a beaucoup de camps pendant cette période historique (le japon du Bakumatsu vers 1860). Je trouve que c'est ce qui en fait son sel, pas de noir et blanc, beaucoup de nuances de gens qui se battent pour ce en quoi ils croient (et veulent au final la même chose, mais pas avec les mêmes moyens), mais c'est comme jongler avec dix quilles, grosse galère de rester clair et de ne pas m'y perdre...

Donc le 6 je n'écris rien. Je n'essaye même pas. Je décide de lâcher prise. Visiblement, ça doit mûrir. On s'en fou de réussir ou non le défi des 50 000 mots. L'important, c'est que ça m'apprenne plein de choses dans mon rapport à l'écriture. Et que je trouve mon équilibre. Et moi, j'aime que mon premier jet soit bon, ou au moins, m'intéresse un minimum, sinon c'est simple je n'arrive même pas à pondre un mot. ça vient ou ça ne vient pas, il n'y a pas d'entre-deux.

Ce soir, enfin cette nuit où j'écris cet article, nous sommes dans la nuit du 7 au 8 nov. Si je tente de songer à la suite, je suis toujours dans un vide abyssal. J'ai donc pris les résolutions suivantes :

1- l'important, pour moi, pour ce nano, c'est de m'aider à trouver mon équilibre avec l'écriture, le nombre de mots n'est qu'une motivation. Mon but est de trouver un rythme quotidien (puisque je veut continuer à en faire mon "métier").

2- Je n'aime pas trop ça, mais je vais tâcher d'écrire des passages qui se placeront plus tard chronologiquement. C'est ensuite parfois un peu compliqué de combler les blancs, mais après tout, je dois avant tout suivre mon instinct, c'est lui qui a toujours guidé ma plume (avec brio), et je sais que je peux lui faire confiance <3

3- Si vraiment ce n'est pas le moment de travailler sur "Makoto" alors ok, je m'autorise à prendre un peu de temps, sans avoir (trop) peur de me remettre à procrastiner, tout en gardant à l'esprit de prendre un rythme d'écriture régulier, et donc -> écrire autre chose, une nouvelle sans doute, parce que ce n'est pas les envies qui me manque. ça fera toujours des mots en plus au compteur !

4- Ne pas oublier que l'écriture doit rester un plaisir ! Et que cela prend du temps, beaucoup de temps ! Que je sois impatiente de finir n'y changera rien ! Il est normal aussi que je ne sois plus dans l'amour fougueux du debut avec mon roman, parce que comme un couple cela se construit sur la durée, l'amour est toujours là mais a évolué. L'avantage, c'est que je peux «aller voir ailleurs» sans pour autant être infidèle, et aimer plusieurs projets à la fois, alors autant se l'autoriser sans complexe !

Voilà où j'en suis, en espérant que partager cette expérience puisse aider certains débutants en écriture comme moi :) C'est toujours assez réconfortant de voir qu'on est pas tout seul à vivre toutes ces émotions !

Je vous invite à lire aussi le point sur cette question, "que faire en cas de blocage", chez Nathalie Bagadey

*Suite de mes aventures ici : http://chezlaventurierdesreves.over-blog.com/2017/11/nano-episode-2-depasser-son-blocage-suivre-son-instinct.html *

Publié dans ecriture

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