ils partiront dans l'ivresse, lucie Aubrac

Publié le par Lael

9782020316545.jpgLucie Aubrac n'aime pas que l'on parles de héros. Pour elle, les personnes qui ont hébergés des résistants comme elle sont bien plus méritants. Pourtant il en faut du courage pour choisir d'avoir un enfant en pleine guerre ! Elle nous raconte ses neufs mois de grossesse, entre mai 1943 et février 1944. Comment était sa vie au quotidien : entre sa vie officielle de professeur d'Histoire; sa vie de mère de famille, à la recherche de quoi se nourrir; et bien sûr, celle de Resistante engagée auprès de ses camarades d'un Groupe-Franc et de son mari Raymond, ni plus ni moins que le responsable de l'Armée Secrète de "Libération". Autant dire que c'est une femme de caractère, qui n'a pas hésité, malgré ses six mois de grossesse, à participer à une attaque de convoi de prisonnier pour libérer son mari !

 

J'ai été totalement séduite par son récit. Captivée par son combat pour la Liberté, son combat de femme sensible aussi, et par la mine d'informations qu'elle nous fournit. Quelles "techniques" ils avaient mis au point pour avoir des information, ou faire évader un prisonnier par exemple. Je ne les imaginais pas user à ce point d'astuces médicales ! Et quelle ruse, au quotidien ! Pour tromper la police et les allemands, il en fallait, du courage.

Et puis, au passage, la situation des paysans, un vignerons par exemple dont tout ses grands crûs ont été gâchés par les Allemands (ils les réquisitionnent pour en faire du carburant !) "Plus que tous les raisonnements, plus que toutes les explications patriotiques, ces verres de mazout, en denaturant un pouilly-fuissé, avaient définitivement fait basculer les vignerons de la côte maconnaise du côté de la Resistance"

 

J'ai apprécié aussi d'apprendre leur organisation, et de voir en action, ou pour le moins cités, des grands noms de la Résistance. Max bien sûr, alias Jean Moulin. Mais aussi D'Astier, Pascal Copau, Pierre des-faux-papiers et bien d'autres (il faut avouer que c'est d'ailleurs parfois un peu difficile de s'y retrouver). On retrouve aussi, un certain Klaus Barbie... En effet Lucie Aubrac était au coeur de la Resistance : à Lyon, son mari participait à la réunification sous la houlette de Max. Il a fait partis des résistants arrêtés chez le docteur Dugonjon, à Caluire.

 

Au niveau historique il faut tout de même certaines bases pour bien suivre, ce qui fait "la resistance expliquée à mes petits enfants" un parfait complément. J'avoue par contre ne pas avoir compris ses allusions aux évènements ayant eut lieu en Italie.

 

Il faut savoir qu'une polémique existe sur l'arrestation de Jean Moulin, Klaus Barbie ayant accusé Raymond Aubrac d'avoir été retourné... Le couple a obtenu la condamnation pour diffamation. Néanmoins les historiens, bien que ne donnant aucun crédits à cette accusation, notent des discordances sur les récits de Lucie Aubrac. "ils partirons dans l'ivresse" ne serait pas un ouvrage historique en soit mais un récit qui se veut "juste". A mes yeux, je trouve qu'ils vont chercher la petite bête : il est évident qu'écrire sa vie dans le détail, quarante ans plus tard, oblige à romancer certaines choses ! Comment se souvenir de tout dans les moindres détails ?!

Ma source, et pour plus d'info : la page wiki

 

Bref pour en revenir une dernière fois au récit, le livre date de 1984, et Mme Aubrac l'a écrit sous forme de journal intime. Son ecriture est assez classique, mais fluide et engagé, parfois un brin poétique. Un vrai bonheur. J'ai aussi fortement apprécié de retrouver l'ambiance lyonnaise et des environs, les expressions du crû, et de reconnaitre les noms de rues ou de villages (j'habite à 30 km de Lyon). Je n'avais qu'une envie, c'est regarder une carte, et je regrette qu'ils n'en aient pas imprimés une.

 

Ce livre a inspiré un film, intitulé simplement "lucie Aubrac", par claude Berri en 1997. Je devrais le voir prochainement, je vous tiens au courant.

 

Bref vous l'aurez compris, encore un livre passionnant sur la Resistance. 5/5

 

Deux citations :

 

c'est une autre genre de famille (la resistance) où on se fait tuer les uns pour les autres

 

pourquoi le plus grand compliment qu'un homme puisse faire à une femme, c'est de lui dire : vous écrivez, vous travaillez, vous agissez comme un homme ! (...) moi je me sens très bien dans la peau de femme vous savez; ce que j'ai fait, c'est un boulot de femme, et de femme enceinte, en plus

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Ellcrys 02/05/2011 11:06


Je ne connaissais pas du tout, mais ce genre de livre m'intéresse beaucoup... je note. Bel avis.


Lael 02/05/2011 12:42



de rien ;) je devrais voir le film qui a été adapté de ce livre un de ses quatres